Après le nouveau bain de sang en Ukraine, l'Union brandit les sanctions

Les cadavres s'agglutinent sur la place de l'Indépendance à Kiev

Émission 

Face au regain de tension et de violence en Ukraine (encore des dizaines de morts ce jeudi), d'intenses tractations diplomatiques sont en cours. L'Union européenne, qui tente de négocier une sortie de crise sur place, a décidé de sanctionner ceux qui "ont du sang sur les mains".

Depuis trois mois, depuis le début de cette nouvelle révolution ukrainienne, les dirigeants de l'Union marchent sur des oeufs. Entre leur désir de soutenir les aspirations pro-européennes des manifestants, et l'incapacité de pouvoir leur promettre une adhésion proche, surtout avant les élections européennes, ils restaient jusque là prudents dans leur volonté de fermeté. Et réalistes quant aux conséquences d'un bras de fer avec la Russie, en plein JO de Sotchi, alors que le dossier syrien est toujours dans l'impasse. Mais face à un pouvoir ukrainien spécialiste de la volte-face et de plus en plus violent avec les manifestants, face au bain de sang de ces derniers jours à Kiev, ils sont clairement passés à la vitesse supérieure. Au niveau diplomatique, politique et économique.Sanctionner les responsables des violences Réunis en urgence à Bruxelles, les ministres des affaires étrangères des 28 ont décidé de sanctionner ceux qui "ont du sang sur les mains". En leur refusant les visas pour entrer dans l'Union européenne, en gelant leurs avoirs et leurs intérêts financiers, en décidant d'un embargo sur les armes. Toutes ces choses que le Parlement européen avait déjà exigées début du mois, en appelant d'ailleurs la Russie à respecter la souveraineté du peuple ukrainien pour décider de son avenir. Joseph Daul le chef de file des conservateurs, président du Parti populaire européen va plus loin il exige qu'un mandat d'arrêt international soit lancé contre le président Viktor Ianoukovitch, afin de le traduire devant la Cour pénale de La Haye. "La répression en cours est un crime contre l'humanité. Un dirigeant qui massacre son peuple, donne l'ordre de tirer à balles réelles, comme l'ont fait Jaruzelski, Ceaucescu ou Milosevic s'exclut lui-même du club des dirigeants démocratiques". souligne Joseph Daul.

L'Europe doit réussir à parler d'une seule voix

Un appel aux ministres des affaires étrangères de l'Union. Toute la difficulté étant de faire parler les 28 d'une même voix, mission quasi impossible: ce n'est pas pour rien que l'Europe n'a pas de politique étrangère et que la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton est si peu audible. Les choses sont peut-être entrain d'évoluer. Les ministres français, allemands et polonais des affaires étrangères, dépêchés à Kiev, n'ont certes pas réussi à empêcher les derniers massacres, mais peut-être à obtenir une sortie de crise. Car le dialogue politique doit rester la priorité, ont souligné tous leurs homologues, réunis à Bruxelles autour de Catherine Ashton. Dialogue dans lequel le rôle de la Russie est évidemment incontournable.

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