Après le référendum en Crimée, l'Europe adopte ses premières sanctions

Des militaires à la frontière ukrainienne sur la base de Balaklava, en Crimée

Émission 

Sans surprise, la Crimée a voté son rattachement à la Russie. Le référendum a même été plébiscité à près de 97%. Et comme prévu, les Européens refusent de le reconnaître. Ils viennent même d'adopter les premières sanctions. Les Américains ont fait de même.

Illégal. Depuis l'occupation de la Crimée par l'armée russe et l'annonce du référendum pour rattacher la péninsule à Moscou, Kiev et les Occidentaux n'ont cessé de le rappeler, ils ne reconnaitront pas le résultat du scrutin: ils le considèrent comme illégal et illégitime, dénoncent le coup de force militaire et politique, une annexion contraire au droit international, une violation de l'intégrité territoriale de l'Ukraine . Les mises en garde à Vladimir Poutine n'ont pas manqué, mais le maître du Kremlin s'en est bien moqué. Assuré qu'il n'y aurait pas d'intervention militaire occidentale, il a refusé toute solution diplomatique.Atteinte à la souveraineté de l'Ukraine

Les sanctions n'ont pas traîné. Dès le lendemain du référendum, les ministres européens des affaires étrangères ont pris des mesures contre une première liste de 21 personnalités, 8 ukrainiennes et 13 russes, accusées d'avoir porté atteinte à la souveraineté de l'Ukraine. Quelques minutes après les Etats-Unis annonçaient eux aussi des sanctions contre 11 responsables russes et pro-russes. Essentiellement des restrictions de visas et le gel des avoirs. Vladimir Poutine n'y figure pas, contrairement à plusieurs de ses proches et hauts responsables . Pour l'Europe, de telles sanctions sont inédites depuis l'effondrement de l'union soviétique en 91. "Nous essayons de lui envoyer le message le plus fort possible, afin que la Russie comprenne combien la situation est grave au lendemain du soi-disant référendum", souligne Catherine Ashton, la chef de la diplomatie européenne.Poursuivre le dialogue tout en aidant l'Ukraine

Parallèlement l'Europe met tout en oeuvre pour se rapprocher de l'Ukraine. D'abord en l'aidant financièrement: l'Union a déjà promis un soutien économique de 11 milliards d'euros. En facilitant l'obtention de visas pour ses ressortissants. Enfin sans promettre l'adhésion, en signant le fameux accord d'association UE-Ukraine, dont l'abandon en novembre avait provoqué la nouvelle révolution réprimée dans le sang. Les dirigeants européens pourraient signer son volet politique lors de leur sommet vendredi, soit le jour où le Parlement russe devrait avaliser le rattachement de la Crimée. Avant peut-être bientôt une adhésion à l'OTAN, ce qui aurait permis aux Occidentaux d'intervenir. En attendant, sans couper les ponts diplomatiques, ils misent sur le fait d'isoler la Russie sur la scène internationale y compris au Conseil de sécurité des Nations Unies. Brandissent la menace de sanctions économiques et commerciales qui feraient souffrir davantage encore son économie. Le mot d'ordre c'est qu'il n'est pas trop tard pour trouver une solution politique. Dialogue et fermeté, mais pas de guerre de Crimée.

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