En Europe, une femme sur trois a déjà subi des violences physiques ou sexuelles

Violences conjugales - illustration

Émission 

Une femme sur trois en Europe a déjà subi des violences physiques ou sexuelles. Résultat d'une très vaste enquête de l'Agence des droits fondamentaux de l'Union européenne. 42 000 femmes des 28 Etats membres ont été entendues. Et la situation est différente selon les pays. Par Rosalie Lafarge

Selon cette très vaste enquête de l'Agence européenne des droits fondamentaux, 62 millions de femmes ont déjà subi des violences physiques ou sexuelles. C'est dans les pays les plus au nord, qu'elles sont les plus nombreuses. Au Danemark, en Finlande et en Suède, cela concerne la moitié des femmes.

En Espagne, à Chypre, en Croatie ou à Malte, c'est en moyenne une femme sur cinq. La France est plutôt en haut du tableau : 44% des Françaises ont, elles aussi, déjà enduré des coups, des menaces, du harcèlement, une agression sexuelle ou un viol. 

Difficile d'en parler

Plusieurs facteurs peuvent expliquer les différences entre les pays. D'abord, cette enquête repose sur des déclarations. Ce sont les Européennes elles-mêmes qui témoignent et décident de dire ou de ne pas dire. Or nous n'avons, au sein de l'Union, pas tous les mêmes lois, ni le même niveau de sensibilisation au problème.

La Croatie, par exemple, n'a reconnu le viol conjugal comme une infraction que dix ans après la France. En Bulgarie ou en Estonie, moins de trois femmes sur dix sont au courant qu'il existe des lois pour les protéger dans ce domaine.

Toujours selon cette enquête, seule une victime sur trois signale à la police ou à un autre service, l'incident grave le plus récent qu'elle a subi. Là encore, culturellement, c'est un phénomène plus ou moins difficile à aborder publiquement. Dans les pays du nord, l'égalité des sexes est plus ancrée dans les esprits qu'ailleurs, et la violence en raison du sexe, plus librement dénoncée.

Agir aux niveaux européen et national

L'Agence européenne des droits fondamentaux espère que ces résultats vont pousser les 28 pays membres à se saisir du problème, à légiférer précisément sur la question, et surtout à informer les femmes. Elle encourage les campagnes de sensibilisation

Elle recommande aussi aux Etats membres de ratifier la Convention d'Istanbul, sur la prévention et la lutte contre les violences faites aux femmes. Pour l'instant, seuls l'Autriche, l'Italie et le Portugal l'ont fait. Dans ces trois pays, le nombre de victimes auto-déclarées est particulièrement bas.

 

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