Finances publiques: la France tente d'honorer ses engagements européens

50 milliards d'économies : le programme du gouvernement

Émission 

C'est ce mercredi 24 avril que Manuel Valls présente au Conseil des ministres le détail de son plan de 50 milliards d'euros d'économies sur trois ans, premier texte budgétaire du nouveau Premier ministre, qui doit permettre de rétablir les finances publiques... et d'honorer enfin ses engagements européens.

Si la Commission européenne joue le rôle du gendarme, ce sont les pays européens eux-mêmes qui avaient décidé de renforcer les règles pour faire face à la crise, et de ramener leur déficit public sous 3% du PIB, et comme la France n'y parvenait pas, nous avions obtenu un délai d'abord d'un an, puis de deux ans supplémentaires, ce qui avait d'ailleurs été perçu comme une faveur par certains de nos partenaires. Alors effectivement, ce programme de stabilité, qui est aussi le premier texte budgétaire de Manuel Valls, permettra-t-il d'atteindre cet objectif et de passer sous la barre fatidique? C'est toute la question. "Je suis pour le respect de nos engagements, pour le sérieux budgétaire, pas pour l'austérité", avait dit le nouveau Premier ministre dans sa déclaration de politique générale, en évitant soigneusement de citer le chiffre de 3%.Un discours accueilli favorablement par la Commission européenne Bruxelles salue "l'engagement renouvelé du gouvernement français de redresser les comptes publics et de poursuivre les objectifs en matière de réduction des déficits". Et applaudit le fait de baisser les charges sur les salaires, notamment les salaires les plus bas, le fait aussi de réduire la pression fiscale sur les entreprises, ce qui va contribuer à améliorer la compétitivité, et va dans le sens des recommandations faites à la France, précise la Commission. Les coupes dans la dépense publique, la protection sociale, la santé, le gel des salaires des fonctionnaires, sont des recettes encouragées par Bruxelles, mais qui ont eu des conséquences désastreuses par exemple en Grèce sur le système de santé, les services publics et les droits sociaux. La Commission européenne est prête à discuter Plus que la barre symbolique des 3% de PIB, ce qui lui importe c'est que la France réduise encore son déficit. Le gouvernement veut négocier un rythme "un peu moins rapide" , évoque le nécessaire équilibre entre croissance et engagements budgétaires, et met en avant son Pacte pour relancer les investissements et l'emploi. Pour obtenir un nouveau délai il faudrait une" détérioration inattendue de la situation économique". Or la reprise est amorcée depuis plusieurs mois dans la zone euro. Le Royaume Uni ou même l'Espagne font bcp mieux que la France en terme de croissance, même si le chômage reste très élevé en Espagne. La relance économique est déjà consolidée en Allemagne.  Bruxelles analysera la situation française en mai, avant d'émettre ses recommandations début juin.

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