L'espace ferroviaire européen est sur les rails

manifestation de cheminots devant le Parlement européen à Strasbourg le 25 février 2014

Émission 

Le Parlement européen doit se prononcer ce mercredi 26.février à Strasbourg sur le futur espace ferroviaire unique. Il s'agit à la fois de libéraliser le rail et d'harmoniser les équipements. L'idée: élargir la concurrence pour améliorer les services offerts aux voyageurs dès 2019

En clair, cela signifie que la SNCF ne sera plus la seule en France à transporter des passagers. Pour la Commission européenne, ouvrir le marché, c'est proposer aux voyageurs plus de choix et des services de qualité. Autrement dit, plus de lignes, plus de trains, des tarifs attractifs.Plusieurs pays ont déjà franchi le pas, comme l'Allemagne, la Suède, l'Italie, l'Autriche ou encore la Grande-Bretagne.En Grande-Bretagne, la libéralisation a fait disparaître l'opérateur historique, remplacé par une vingtaine de compagnies. Mais en cas de correspondance, le voyageur britannique a affaire à plusieurs sociétés et les billets sont chers.  Les députés, malgré tout, espèrent que la libéralisation encouragera de petits opérateurs de se faire une place sur les rails, pour proposer les services qui n'intéressent pas les grandes compagnies.                       Harmoniser le matériel Alors qu'un camion circule sans encombre de Madrid à Tallinn, un train doit changer de motrice à chaque frontière. L'écartement des rails peut varier d'un pays à l'autre. Les pays baltes ont toujours des lignes au format russe, plus large qu'en France.Dès 2019, après une période de transition de 4 ans, l'agence ferroviaire européenne se chargera des certifications et des autorisations de mise sur le marché, ce qui réduira les coûts. En matière de sécurité, il va falloir d'ailleurs préciser les responsabilités des uns et des autres. Mais tous les états ne sont pas d'accord pour le moment pour renoncer à leurs compétences.                 Une réforme critiquée en France 3 000 cheminots ont manifesté mardi 25 février à Strasbourg devant le Parlement européen contre ce "4ème paquet ferroviaire", c'est le nom de ce lot de textes proposés par la Commission européenne. Ce "paquet", quatrième réforme ferroviaire européenne, va être retouché par les députés et par les ministres des transports, puis adoptés par chaque état de l'Union. Autant dire que les débats ne sont pas clos. Le Parlement exige par exemple des normes sociales de haut niveau pour le personnel. Les cheminots français redoutent quand même une baisse des effectifs et la détérioration de leurs conditions de travail. On peut aussi se demander si certaines régions ne seront délaissées, faute d'investisseurs.

Les cheminots manifestent à Strasbourg contre la libéralisation du rail - Radio France
Les cheminots manifestent à Strasbourg contre la libéralisation du rail © Radio France - Corinne Fugler

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