L'Europe fait elle confiance à la France pour réduire son déficit ?

La Commission européenne juge la France incapable d'atteindre les 3% de déficit avant 2015

Émission 

Le programme de stabilité présenté par Manuel Valls doit être examiné par l'Assemblée nationale. Un vote purement consultatif mais dont "le résultat conditionne la légitimité du gouvernement" a prévenu le Premier Ministre. En jeu aussi, le rétablissement de la confiance des partenaires européens.

L'enjeu est double pour Manuel Valls. Il s'agit d'une part de relancer la croissance , et d'autre part de restaurer un peu la crédibilité de la France auprès de l'Union européenne . Avec, toujours en ligne de mire, l'objectif fixé par Bruxelles : ramener le déficit français à 3% du PIB d'ici 2015 .

Un objectif un peu contraint et forcé puisque la Commission européenne a prévenu : elle n'accordera pas de délai supplémentaire, après la rallonge de deux ans décrochée in extremis en juin.

La Commission Européenne n'est d'ailleurs pas très optimiste dans ses prévisions pour la France. Elle table pour cette année sur un déficit français à 4%, et à peine moins l'an prochain avec 3.9% du PIB

Rétablir la confiance de l'Union européenne

Les annonces de Manuel Valls devraient rassurer l'UE. De plus, les prévisions de la Commission ont été établies avant que Manuel Valls ne détaille son plan. Les mesures structurelles annoncées et la réduction des dépenses de l'Etat entrent dans le cadre des exigeances de Bruxelles.

Il y a tout de même deux bémols : tout d'abord, certes l'Europe estime que le projet français va dans le bon sens mais elle ne s'attend pas pour autant à un miracle. Ce sera sans doute un "bien mais peut mieux faire". 

Deuxièmement, la Commission peut s'inquiéter des conséquences réelles de ces mesures : le but, c'est de relancer la croissance, et pas simplement de limiter le déficit. Or, dans ses prévisons, Bruxelles mise sur un chômage à 11% en France en 2015,  ce qui ne va pas aider à relancer la consommation...

Un calendrier qui se précise

Dans les semaines qui viennent, la Commission européenne va étudier le programme français et discuter de la viabilité du projet ainsi que du timing de mise en oeuvre. Ensuite, cet été, elle devrait donner ses recommandations.

Il y a toutefois une particularité dans le calendrier... entre temps, les élections européennes auront eu lieu et nous aurons changé de commissaire en charge de la question. Ce qui ne devrait rien changer au processus de validation. 

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