L'Europe protège les travailleurs saisonniers et lutte contre le dumping social

Émission 

Après les travailleurs "détachés" dans un autre Etat européen, l'Union harmonise les règles pour les travailleurs saisonniers en provenance des pays tiers. Ils ne pourront plus être sous-payés ni exploités; leurs conditions d'emploi sont alignées sur celles en vigueur dans le pays d'accueil, afin là aussi de lutter contre le dumping social, et de favoriser l'immigration légale "choisie".

Ils viennent d'Europe de l'Est, d'Asie, d'Afrique, d'Amérique latine, ils font les vendanges, la cueillette des fruits, travaillent dans les cuisines des restaurants ou dans le tourisme, secteurs qui, malgré la crise, manquent cruellement de main d'oeuvre, où le travail au noir et l'exploitation sont encore monnaie courante. Et confinent parfois à l'esclavagisme, comme on a pu le voir encore récemment dans les champs de fraises en Grèce, dans les vergers espagnols et italiens. Avec cette nouvelle législation, ils devront bénéficier des mêmes conditions d'emploi et de rémunération que celles en vigueur dans le pays. Et des mêmes droits, aux congés, aux soins de santé, à la sécurité sociale. Ils pourront se syndiquer, accéder à la formation, aux pensions de retraite, aux services publics.Tous à l'exception du logement social.

Un logement décent

Les employeurs devront néanmoins leur garantir un hébergement décentIls ne pourront plus les entasser dans des taudis ou dans des serres; les abus sont nombreux. Les travailleurs saisonniers devront bénéficier d'un logement approprié. Si c'est l'employeur qui le fournit, il devra pratiquer un loyer raisonnable, et ne pourra plus imposer une retenue automatique sur le salaire. Toute demande d'entrée dans l'Union devra inclure un contrat de travail, précisant le lieu et la durée de l'emploi, la rémunération et le nombre d'heures, hebdomadaires ou mensuelles. Ce qui permettra de lutter contre le travail au noir et le dumping social, et ainsi, soulignent certains eurodéputés, de freiner le racisme et la xénophobie, liés à la peur de l'immigration clandestine.Une immigration légale choisie

D'autant plus que les Etats pourront choisir leurs "quotas" de travailleurs saisonniers. Des Etats qui étaient très réticents, il a fallu presque 4 ans de négociations pour obtenir un compromis. Il permet effectivement à chaque pays de fixer des "volumes d'admission", pour une immigration choisie donc. D'imposer aux saisonniers une durée maximale, entre 5 et 9 mois par an. La législation concerne un peu plus de 100.000 personnes qui viennent travailler chaque année dans l'Union. Nos 28 Etats membres ont 2 ans et demi  pour la transposer dans leur droit national, renforcer les contrôles et sanctionner les infractions. Les agriculteurs allemands sont déjà entrain de faire pression pour que le salaire minimum, qui doit entrer en vigueur l'an prochain outre-Rhin, ne s'applique pas aux travailleurs saisonniers.

Partager sur :