L'Europe va faire voyager les Français en car

Des touristes devant la Tour Eiffel

Émission 

Voyager en car, d'une grande ville à l'autre, les Américains, les Turcs ou les Britanniques y sont habitués depuis longtemps. En France, il est difficile d'échapper au rail. Pourtant, les choses pourraient changer. L’Autorité de la concurrence est favorable au développement des transports en autocar, qui offrent aux voyageurs du choix et de substantielles économies.

Aujourd'hui, il est assez difficile de relier deux grandes métropoles françaises en car. Les connexions sont rares. Quand elles existent, la législation  impose des conditions très restrictives. Les compagnies d'autocars ne peuvent prendre de passagers que sur des liaisons internationales, pour ce qu'on appelle du "cabotage". Vous achetez une place à bord d'un bus Paris - Milan et vous descendez à Lyon. Ou un Paris - Barcelone pour vous rendre à Bordeaux. Eurolines, par exemple, propose une soixantaine de villes en France. ID Bus, la filiale de la SNCF, une demi-douzaine. Pour l'Autorité de la concurrence, il faut bousculer tout cela et offrir enfin aux voyageurs de nombreuses destinations bon marché.                          La France en retard Chez nous, 110 000 voyageurs ont choisi le car en 2013. 4% en Grande-Bretagne, 5% en Suède. 1 200 villes sont desservies par bus en Grande-Bretagne, où un trajet Londres - Manchester, soit près de cinq heures de route, coûte une trentaine d'euros. Les Finlandais et les Irlandais aussi ont l'habitude de circuler en car. L'Allemagne a eu du mal à franchir ce cap, mais s'est finalement lancée tout récemment dans la dérégulation.En fait, très logiquement, le développement des liaisons en bus est plus lent dans les pays à forte densité ferroviaire, où il y a un monopole à défendre. En France, tout est fait pour empêcher le car de concurrencer le TGV.         La Commission européenne pour le bus C'est un réglement européen, déjà, qui a obligé la France à tolérer le cabotage, en 2011. Mais le commissaire en charge des transport, Siim Kallas, aimerait bien aller plus loin. C'est un ardent défenseur de la libéralisation des flux routiers.Par ailleurs, Bruxelles se préoccupe également de la sécurité des voyageurs. Les chauffeurs sont tenus de respecter des temps de repos strictement contrôlés. Et depuis l'an dernier, les passagers ont droit à des indemnités et à une assistance en cas de retard ou d'annulation.

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