La colère des taxis s'intensifie en Europe

Les taxis en grève, lors de la manifestation du 10 février à Paris

Émission 

Le mouvement des taxis s'intensifie en France contre la concurrence des voitures de tourisme avec chauffeur, les "VTC", qui ne paient pas de licence. Chez nos voisins européens, les taxis sont en colère mais avec d'autres revendications

Ce mercredi encore des opérations escargot, et une soixantaine de personnes placées en garde à vue dans la nuit de mardi à mercredi à Paris. Preuves que le mouvement s'intensifie. Mais derrière cette contestation, se profile une mutation réelle du métier. Qu'en est-il chez nos voisins européens ?En Italie, en Allemagne, en Espagne et au Royaume-Uni, pour l'instant pas de mobilisation équivalente à la France, même si une peur émerge effectivement face à cette nouvelle concurrence des VTC.

En Angleterre : A côté des célèbres "taxis noirs" londoniens, roulent depuis plusieurs années des véhicules semblables aux VTC, moins chers. Comme en France, impossible de les arrêter dans la rue, il faut réserver par téléphone ou sur Internet. Mais outre-Manche, tout est réglementé. A la différence de la France, ils disposent d'une licence et ne font finalement que renforcer l'offre de taxis un peu à la peine en ce moment. Mais le succès de ces véhicules a de quoi effrayer : ils sont aujourd'hui deux à trois fois plus nombreux que les taxis traditionnels

Les taxis européens dans la rue

En Italie : C'est peut être dans ce pays que la situation se rapproche le plus de la France. L'arrivée d'une société de voiture avec chauffeur a fait du bruit début 2013. Son activité contourne la loi, selon les professionnels. Et lundi une manifestation était organisée à Milan contre la concurrence déloyale, le même jour qu'à Paris, pour coordonner le mouvement. Car dans les deux pays, c'est la législation qui pose problème : notamment le flou autour des tarifs pratiqués.

En Espagne : On assiste ici à une guerre des prix entre les taxis officiels et les chauffeurs privés. Et avec la crise et le chômage massif, de plus en plus d'Espagnols proposent des services de taxi non officiels sur Internet avec des tarifs moins élevés.

En Allemagne, autre problème

En Allemagne : Là bas, on compte comme en France environ 50 000 taxis, et comme en France les principaux concurrents des taxis sont plus chers. Mais les taxis officiels allemands voient cette évolution d'un bon oeil : cette concurrence accrue peut améliorer à terme la qualité du service.Mais la profession reste mal payée en Allemagne, et c'est bien là le problème. Moins de sept euros de l'heure en moyenne. Alors c'est plutot l'arrivée prévue outre-Rhin d'un salaire minumum qui inquiète les sociétés de taxis : comment mieux rémunérer les chauffeurs sans augmenter le prix des courses ?

Globalement, le marché des taxis n'est plus du tout adapté aux pratiques nouvelles. Réservation sur Internet, application et géolocalisation sur smartphones. On comprend facilement l'essor des VTC. Ces véhicules ne peuvent pas stationner dans la rue, mais peuvent être tout aussi réactifs. Et ils pourraient bien faire voler en éclats le monopole des taxis qui remonte, en France, à 1937.

Et preuve que le métier amorce aujourd'hui un tournant, le député PS Thomas Thévenoud, chargé ces jours-ci des fonctions de médiateur par le gouvernement, appelle à la concertation. Pour inventer, dit-il, "un nouveau système où chacun puisse vivre de son travail".

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