La Grande-Bretagne va bien, mais pas les Britanniques

 David Cameron et François Hollande à Londres

Émission 

La Grande-Bretagne affiche de bons scores sur le plan économique: le chômage est en baisse, la croissance est repartie, on s'attend à une progression de près de 3%. Mais derrière ces chiffres encourageants se cache une réalité plus sombre. Le nombre de bénéficiaires des banques alimentaires a quasiment triplé en un an.

Officiellement, les indicateurs sont au beau fixe. George Osborne, le ministre britannique des finances, est ravi. La politique d'austérité a porté ses fruits, malgré les critiques du FMI, le Fond monétaire international. Le gouvernement Cameron a lancé en 2010 une grande réforme de son système social pour réduire les déficits publics. Et l'économie britannique va connaître cette année une hausse de 2,9%. Elle progresse plus vite que celle de ses partenaires du G7.

                            Un jeune sur cinq au chômage

Le dernier taux de chômage, publié ce mercredi, est tout à fait encourageant. Il est de 6,9%, juste au dessus de l'Allemagne, 6,7%.  Fin 2013, la France affichait 10,2%, et l'Italie, 13%. Le marché de l'emploi s'améliore, même si les experts relèvent toujours plusieurs points noirs, comme le chômage des jeunes, qui touche 20% des moins de 25 ans. Autre point noir: les travailleurs indépendants sont de plus en plus nombreux. Cet hiver, sur les 239 000 nouveaux emplois créés au Royaume-Uni, 145 000 concernent en fait des travailleurs indépendants, pour une bonne part sans doute des particuliers ayant créé leur propre emploi faute d'embauche. Pour le TUC, le Congrès des syndicats britanniques, ces travailleurs indépendants sont privés de leurs droits de base et ne touchent pas le salaire qu'ils percevraient au sein d'une entreprise. Il y a aussi cette nouvelle mesure baptisée "Help to work", qui va obliger les chômeurs de longue durée à effectuer des travaux d'intérêt général.                                 L'envers du décor Pour le Parti travailliste, la Grande-Bretagne va mieux, mais pas les Britanniques. Le revenu moyen est en baisse et surtout les organisations caritatives ont distribué l'an dernier bien plus de colis qu'en 2012. Un million de Britanniques a fait appel aux banques alimentaires, contre près de 350 000 précédemment. Sans compter les foyers qui n'ont pas osé solliciter d'aide ou qui vivent loin de toute banque alimentaire.

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