La lutte contre le jihadisme nécessite une coopération européenne approfondie

 Mehdi Nemmouche, en garde à vue depuis vendredi, est suspecté d'être l'auteur de la tuerie du Musée juif de Bruxelles

Émission 

Trois jours après l'interpellation du tueur présumé de Bruxelles, plusieurs arrestations ont eu lieu aujourd'hui en France et en Europe. Mais au-delà de l'échange d'informations entre pays, la Belgique réclame une véritable coopération européenne contre les jihadistes.

Cela paraît être une évidence, et la fusillade du Musée Juif de Belgique en est l'illustration: la lutte contre le jihadisme ne peut se faire que par une étroite coopération entre pays. Le tueur présumé Mehdi Nemmouche est Français, présenté comme un loup solitaire comme Mohamed Merah; originaire de Roubaix, il se rend en Syrie via Bruxelles, Londres, Beyrouth et Istanbul, repart via l'Asie pour rentrer en Europe à Francfort, où les douaniers allemands l'ont semble-t-il signalé à la sécurité intérieure française. Une fois perpétré l'attentat de Bruxelles, il reprend un bus en provenance des Pays-Bas et se fait arrêter par hasard à Marseille, lors d'un contrôle anti-stupéfiants. Schengen interdit les contrôles systématiques

Le terrorisme ne connaît pas de frontières, encore moins lorsque celles-ci n'existent plus... Or c'est le cas dans l'espace Schengen, le principe de libre-circulation interdit tout contrôle systématique aux frontières intérieures, donc entre la France et la Belgique, l'Allemagne ou le Royaume-Uni. Ils peuvent être rétablis,en cas de menace grave, mais seulement à titre exceptionnel. Si les passeports sont vérifiés, les personnes ne peuvent être livrées que si elles font l'objet d'un mandat d'arrêt notamment européen. Or Mehdi Nemmouche n'était connu qu'en France, pour des faits qui n'avaient rien à voir avec le terrorisme: conduite sans permis, refus d'obtempérer, vols aggravés. Et c'est dans les prisons françaises qu'il s'est radicalisé. Comme le souligne le coordinateur de la lutte antiterroriste de l'Union, "tous nos instruments de contrôles aux frontières extérieures ont été conçus à l'égard des étrangers, pas des Européens".Une coopération quotidienne entre services secrets

Ce qui n'empêche pas la coopération entre pays européens d'exister déjà, et depuis longtemps. Europol pour la coopération policière, Eurojust pour le volet juridique, et bien sûr le système d'échange informatique Schengen. Mais la lutte contre le terrorisme repose avant tout sur l'étroite collaboration entre services secrets, elle est quotidienne, mais ne se fait qu'entre deux ou trois pays à la fois, sur des informations très sensibles qui nécessitent souvent une réaction immédiate et ne peuvent attendre le feu vert d'une autorité centralisée à Bruxelles. Une dizaine de pays dont la France et l'Espagne coopèrent déjà contre l'enrôlement de jeunes Européens dans les mouvements jihadistes en Syrie. D'autres arrestations ont eu lieu en Europe. Les ministres de l'intérieur des 28 s'apprêtent à renforcer les dispositifs de suivi, de contrôle et de sanction au niveau européen.

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