Le rapprochement Alstom-Siemens ne fait pas l'unanimité

Le siège d'Alstom en Suisse - Photo d'illustration

Émission 

Alors que le conseil d'administration d'Alstom semble donner sa préférence à l'offre de reprise de General Electric pour sa branche énergie, il ne ferme toutefois pas complètement la porte au voisin allemand Siemens. Un rapprochement qui aurait pourtant les faveurs de part et d'autre du Rhin.

Alstom n'a pas rejeté l'offre de Siemens, mais les regards des administrateurs semblent plutôt tournés vers le groupe américains General Electric

Pourtant, le gouvernement français plaide ouvertement pour un rapprochement avec le voisin allemand : François Hollande plaide en faveur d'un "Airbus de l'énergie",  appuyant la proposition de Siemens de céder sa branche ferroviaire à Alstom en échange de la branche énergie du groupe français. Même côté allemand, on n'admet à demi mot que cette solution aurait des avantages.

Mais dans les faits, le "scénario Airbus" n'est peut être pas si facilement transposable.

Une solution "soutenue exclusivement par les politiques"

"C'est un peu comme si vous aviez rencontré un compagnon, que vous le présentiez à votre famille, et qu'un cousin éloigné vous disait : "j'ai pensé à un autre parti pour toi, bien plus avantageux" résume un économiste spécialiste des questions industrielles. 

A y regarder de plus près, il semble effectivement que seuls les deux gouvernements soient pour ce scénario , "pour des raisons electorales : à quelques jours des européennes, ils jouent le capitale sympathie" insiste ce spécialiste.

Les économistes estiment qu'un échange de bons procédés - des trains contre de l'énergie - ne donne pas d'un côté un Airbus du train et de l'autre un Airbus de l'énergie , mais deux géants nationaux sans mixité dans la gouvernance . "Et puis, ajoutent les experts, Airbus s'est construit en 30 ans... Pas en 30 jours..."

** Les industriels s'inquiétent d'un rapprochement de deux groupes en concurrence frontale.

Les financiers ne s'y trompent pas et l'action Siemens perd 5 points en quelques jours. Et même d'un point de vue historique, General Electric et Alstom, complémentaires dans leurs activités, ont davantage de points et de territoires communs que Alstom et Siemens. Enfin, les contreparties proposées par le groupe allemand semblent moins convaincantes pour le conseil d'administration français. 

Le véto possible (probable?) de Bruxelles

Certes, il y a les partisans -peu nombreux- de la construction d'une politique industrielle européenne qui, eux, forcément, misent sur ce rapprochement. D'autant qu'en matière de développement ferroviaire, Siemens et Alstom ont déjà commencé à travailler ensemble dans le cadre d'un projet de recherche soutenu par l'UE : Shift2Rail. 

La Commission européenne , elle, est plus que frileuse : deux géants majoritaires dans le même espace posent un vraie problème social avec à la clé, des licenciements quasi inévitables selon les spécialistes. La seule solution, pour amadouer les gendarmes de la commission, serait que Siemens diversifie davantage ces activités. Même par ce biais, le marché serait loin de convaincre l'UE.

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