Le renseignement, une coopération efficace

Les otages français dans le monde

Émission 

Alors que les quatre journalistes français otages en Syrie ont été libérés ce week-end, d'autres ressortissants européens restent aux mains de leurs ravisseurs. Souvent isolées, les familles souhaitent "européaniser" le problème. Comment les pays se coordonnent-ils pour les sauver, comment se passe la coopération entre services secrets, y aura-t-il un jour un service européen du renseignement?

Le renseignement, une coopération efficace

La question des otages est un problème européen, les Etats doivent cesser d'agir chacun de son côté, dans le secret, en imposant le silence aux familles. Elle doit être internationalisée et d'abord européanisée. C'est l'appel lancé début février à Strasbourg par le comité de soutien aux otages en Syrie et Reporters sans frontières, appel relayé dans l'hémicycle du Parlement européen par son président. Martin Schulz avait appelé à la libération immédiate de tous les otages, et souligné que c'était le rôle des élus de garantir la sécurité des journalistes et de défendre les valeurs fondamentales, au-delà des Etats membres. Ce jour-là, autour des familles françaises, il y avait des Espagnols, des Italiens, des Suédois, qui tout d'un coup se sentaient moins seuls. Une trentaine de journalistes de grands médias internationaux seraient toujours détenus en Syrie.Des otages, souvent suivis à la trace par les services secrets, comme ce fut le cas pour les 4 otages français S'il est un domaine dans lequel la coopération marche bien, c'est bien celui du renseignement, L'échange d'informations se fait de manière efficace et quotidienne, depuis longtemps, explique l'eurodéputé et ancien agent de la DGSE Arnaud Danjean (pendant 10 ans pour l'Europe de l'est et l'ex-Yougoslavie). La libération des quatre otages ce week-end a été orchestrée par sécurité extérieure française qui s'est appuyée sur les autres services occidentaux, britanniques, espagnols, américains (qui ont d'ailleurs tous une antenne à Paris), mais aussi du Golfe et bien sûr turcs, au moins pour la phase finale. On vérifie la fiabilité des informations et des interlocuteurs, , on échange les images satellites, les interceptions d'appels téléphoniques les données informatiques. le maitre d'oeuvre étant le service du pays des otages. Mais ça ne marche pas tjs: l'an dernier la DGSE n'a pas réussi à sauver son agent Denis Allex en Somalie, finalement exécuté.Les coutumes et pratiques sont néanmoins différentes selon les pays Ne serait-ce que sur les rançons, sujet tabou. La France ou l'Italie n'ont pas hésité à en verser, la Grande-Bretagne ou les Etats-Unis refusent catégoriquement. La certitude c'est qu'il n'y a jamais de liberation d'otages spontanée et sans contre-partie, explique Arnaud Danjean. Elles ne sont pas forcément financières, il y a des contreparties matérielles, libération de prisonniers, d'autres politiques ou militaires, voire symboliques de communication. Les doctrines sont différentes. Mais le recueil, la recherche d'informations est commune à ts les services d'informations, explique Arnaud Danjean.  Alors y aura-t-il un jour un service européen de renseignement? Il n'y croit pas, et d'ailleurs ne le souhaite pas: partager des informations sensibles à plus de deux ou trois devient très compliqué. C'est plus sur l'analyse opérationnelle qu'une mutualisation à 28 est entrain de se faire.

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