Les labels européens au secours du village de Laguiole?

Le village de Laguiole

Émission 

La commune de Laguiole, dans l'Aveyron, célèbre pour ses couteaux, a perdu l'usage commercial de son nom, au profit d'un entrepreneur de la région parisienne, qui laisse fabriquer sous cette appellation toutes sortes d'objets. Elle vient d'être condamnée par la Cour d'appel de Paris à verser 100.000 euros à cet entrepreneur. L'Union européenne protège pourtant déjà certaines appellations d'origine, des IGP, mais tarde à étendre cette protection aux objets manufacturés.

Un habitant du Val-de-Marne, Gilbert Szajner, a déposé il y a 20 ans la marque "Laguiole" pour une quarantaine de classes de produits, des couteaux, mais aussi du linge de maison ou des vêtements. Puis il a cédé des licences à des compagnies asiatiques qui fabriquent des articles étiquetés "laguiole", sans aucun lien avec l'Aveyron. Parallèlement, les artisans et les entrepreneurs du village ne peuvent plus utiliser le nom de leur commune sans verser de droits au propriétaire de la marque. Ils peuvent toujours commercialiser des couteaux, puisque "laguiole" est maintenant un terme générique qui désigne un modèle de couteau, mais pas une fourchette ni un pot de confiture.                               L'Union européenne protége déjà 1 200 productions locales Les produits agricoles bénéficientdéjà de labels européens, comme l'AOP, appellation d'origine protégée, ou l'IGP, identité géographique protégée. Il y a deux mois, le Parlement français a décidé d'étendre l'IGP aux produits artisanaux et aux produits manufacturés. C'est un espoir pour les habitants de Laguiole, qui comptent aussi s'appuyer sur l'AOP dont bénéficie déjà leur fromage pour récupérer leur nom.

Un autre produit emblématique, la moutarde de Dijon, ne bénéficie pas non plus du label de protection européen. Comme le couteau laguiole, c'est maintenant un terme générique. Elle peut être fabriquée partout, c'est pourquoi les agriculteurs de Côte-d'Or ont sollicité l'IGP pour la "moutarde de Bourgogne".

                                                         Du chablis californien

Les accords commerciaux qui se négocient actuellement entre l'Europe et les Etats-Unis risquent par ailleurs de fragiliser les producteurs européens. Sur les étiquettes des vins américains, on trouve déjà des "clos" et  des "châteaux", qui n'ont rien à voir avec nos châteaux bordelais, mais qui pourraient les concurrencer bientôt de ce côté de l'Atlantique. On trouve aussi là-bas des champagnes et des chablis californiens, ainsi que des portos qui n'ont rien de portugais.

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