Les OGM envers et contre tous

OGM manifestation

Émission 

Malgré l'opposition de l'opinion publique, du Parlement européen et de la majorité des Etats membres, un nouvel OGM va être autorisé dans l'Union, le maïs TC1507 du groupe américain Pionner. Ce qui ne veut pas dire qu'il y sera cultivé.

C'est une étape de plus dans un débat qui dure depuis une vingtaine d'années et pour lequel l'Europe n'a jamais réussi à se mettre d'accord. Un bras de fer économique, juridique, et désormais politique. D'un côté les Européens, les citoyens qui dans leur immense majorité ne veulent pas d'OGM, position défendue par le Parlement européen. De l'autre, la Commission qui, sous la pression de l'industrie et des Américains, met en avant les règles communes et les intérêts commerciaux. Entre les deux, les Etats, incapables d'adopter une position claire, durable et a fortiori commune. Si la France est désormais en tête du combat contre les OGM, cela n'a pas toujours été le cas. Elle a même fait partie de la minorité de blocage contre un moratoire général, du temps où il fallait encore l'unanimitéEntre-temps les règles ont changé, la majorité qualifiée suffit désormais, comme pour la plupart des décisions prises au niveau européen. Chaque pays a un nombre de voix qui dépend de la taille de sa population. En sachant que l'Allemagne, le plus important, a le même nombre de voix que la France, le Royaume-Uni et l'Italie, suivent l'Espagne et la Pologne. Or pour ce nouveau  maïs transgénique TC1507 résistant aux insectes des américains Pioneer et Dupond, l'Allemagne jusque là opposée, s'est finalement abstenue, comme la Belgique ou le Portugal. L'Espagne a voté pour, comme la Grande-Bretagne, la Suède, la Finlande et l'Estonie. Résultat: les 18 pays qui ont voté contre avec la France n'ont totalisé que 210 voix, la majorité qualifiée de blocage était de 260. Du coup la Commission est obligée d'autoriser sa mise sur le marché. C'est en tout cas ce que prévoient actuellement les règles, mais de nombreuses voix s'élèvent pour les modifier. Surtout au Parlement européen, qui n'a pour l'instant rien à dire en matière d'autorisation des OGM. Cela ne l'a pas empêché la semaine dernière de voter à une très forte majorité contre la mise sur le marché c'est à dire la culture chez nous de ce mais TC 1507; il avait déjà demandé avec un rapport de Corinne Lepage la possibilité pour chaque pays d'instaurer un moratoire, sans se voir attaquer devant la Cour de justice, ou l'Europe devant l'OMC. Mais la France notamment ne voulait pas jusque là renationaliser cette question. Le Parlement français en tout cas va voter en urgence une loi pour l'interdire.

Ce dossier sensible est bien sûr l'un des enjeux des négociations transatlantiques actuellement en cours entre l'Union européenne et les Etats-Unis. Et donc aussi des élections européennes, puisque le prochain Parlement devra approuver ou rejeter l'accord final.

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