Protèger les vignes et promouvoir le bio, un délicat exercice pour Bruxelles

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Émission 

Un vigneron bio de Côte-d'Or a comparu lundi 24 février à Dijon pour avoir refusé de traiter ses ceps contre une maladie de la vigne, la flavescence dorée, véhiculée par un papillon, la cicadelle. Le parquet a requis une amende de 1.000 euros, assortie de sursis. Le tribunal correctionnel rendra sa décision le 7 avril. Pour produire du vin bio, les viticulteurs européens doivent se plier partout à un cahier des charges très strict.

L'Union européenne a renforcé les règles en matière de vin bio il y a deux ans, à la fois pour aider les consommateurs à faire leur choix et pour défendre les viticulteurs sur le marché mondial. Ainsi les bouteilles issues des récoltes 2012 et 2013 portent ou porteront sur leur étiquette le logo de l'UE, la feuille verte et ses étoiles. On y trouvera aussi le numéro de code du certificateur.

Le logo du bio européen - Aucun(e)
Le logo du bio européen
Acheter un vin bio, c'est acheter un vin tiré de raisins bio, élaboré sans acide sorbique et à peu près sans sulfites. Les techniques de culture et comme les procédés de vinification sont très encadrés.       Peut-on lutter contre la cicadelle et rester bio? Il existe des procédés censés préserver l'environnement, comme les pièges: ce papillon est attiré par la couleur orange. Les ceps et les greffons doivent être passés à l'eau chaude, pour détruire ses oeufs. La cicadelle a également un prédateur, une petite guêpe. Le pyrètre, enfin, est autorisé en agriculture bio mais le viticulteur de Côte-d'or n'en veut pas. Pas question de traiter sa vigne à titre préventif, le prix à payer est trop lourd. La pyréthrine, dit-il, est un pesticide naturel, oui, mais elle attaque aussi les amis de la vigne, les acariens, les insectes ou même les oiseaux qui partagent son environnement.                         Protéger les abeilles Plus de la moitié des pays européens manquent d'abeilles pour polliniser leurs cultures, selon une étude de la revue Plos One publiée en janvier. Or la flavescence dorée se traite classiquement avec un insecticide très toxique pour les abeilles, le thiamé-thoxame, dont les apiculteurs réclament l'interdiction. Ils ont obtenu un moratoire de deux ans. Soutenir les agriculteurs et défendre la santé, c'est un exercice délicat, pour Bruxelles. L'EFSA, l'autorité européenne des aliments, est censée étudier les résidus de pesticides et leur effet sur notre santé, mais elle est contestée par des ONG écologistes, comme PAN-Europe, qui lui reprochent ses liens trop étroits avec l'industrie.

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