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La France présente un projet de budget optimiste; fin novembre Bruxelles dira s'il est crédible

Le ministre de l'Economie et des Finances Michel Sapin présente le projet de budget 2017

Tous Européens du mercredi 28 septembre 2016

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Le gouvernement a dévoilé son projet de budget 2017 et s'est immédiatement employé à en défendre la "crédibilité" et le "sérieux". La Commission y veillera, notamment quant au retour du déficit public sous la barre des 3% du PIB. L'objectif satisfait Bruxelles, mais paraît difficile à tenir.

La France présente un projet de budget optimiste; fin novembre Bruxelles dira s'il est crédible

L'an prochain la France fera son grand retour dans les clous européens, annonce même que son déficit public baissera à 2,7% du PIB (Bruxelles n'en demandait pas tant), ce qui permettra de le stabiliser. "Ce budget est sérieux. Cet engagement, nous le tiendrons" assure le ministre de l'Economie et des Finances Michel Sapin. En revanche l'objectif d'économiser 50 milliards d'euros ne sera pas tenu, François Hollande l'avait annoncé dès juillet. Impossible en baissant l'impôt sur le revenu tout en augmentant les dépenses pour l'emploi, l'éducation, la sécurité et même la culture.

Comment dans ces conditions passer sous les 3%? Bien des observateurs et institutions sont dubitatifs

Grâce à des prévisions plus optimistes: l'OCDE et le FMI ont revu les leur à la baisse mais le gouvernement parie tjs sur une croissance de 1,5%, nécessaire pour faire baisser le chômage, si la consommation des ménages et l'investissement des entreprises augmentent. Improbable, répond le Haut conseil des finances publiques qui évalue la crédibilité des projets de budgets. La Commission rendra son avis fin novembre, comme pour tous les pays de la zone euro. La France a déjà obtenu deux délais de deux ans pour repasser sous la barre fatidique des 3% ; Bruxelles exclut tout nouveau sursis.

Et qu'en est-il des incertitudes liées aux Brexit?

Le gouvernement explique qu'il a décidé de ne pas réagir précipitamment aux événements de l'été dont les conséquences sont particulièrement incertaines. Il se dit conforté en cela par les résultats 2015 meilleurs que prévus. La hausse des dépenses sera compensée par les économies supplémentaires du côté de la Sécurité sociale et des rentrées d'argent plus fortes que prévu dans la lutte contre la fraude fiscale. A l'inverse de la France, l'Italie revoit sa croissance à la baisse, son déficit à la hausse, demande à bénéficier de "circonstances exceptionnelles" suite au séisme et au nouvel afflux de migrants. L'Italie où a lieu déjà début décembre un référendum crucial pour l'avenir politique de Matteo Renzi.

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