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Une nouvelle agence européenne pour filtrer les migrants

Les nouveaux gares-frontières européens en Bulgarie le 6 octobre 2016

Tous Européens du jeudi 6 octobre 2016

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L'Europe se dote d'un corps européen de gardes-frontières et de gardes-côtes. Il a été officiellement créé ce jeudi 6 octobre. Il doit permettre à l'UE de mieux contrôler ses frontières.

Une nouvelle agence européenne pour filtrer les migrants

Cette "agence européenne de gardes-frontières et de gardes-côtes", a été lancée officiellement depuis la Bulgarie ce 6 octobre 2016, en présence des ministres de l'Intérieur des 28. Pour la cérémonie officielle, la Commission européenne a choisi un poste de douane situé sur la frontière turque, à Kapitan Andreeva. 10.000 candidats à l'exil se masse actuellement à la frontière bulgare, tandis que Sofia érige à son tour un gigantesque mur, un de plus.

La nouvelle agence va remplacer Frontex, qui se chargeait jusqu'à présent de surveiller les limites extérieures de l'UE depuis Varsovie. Sa mission sera la même, avec des moyens supplémentaires, 250 millions d'euros cette année, et de nouveaux effectifs.

Gardes-frontières européens en Bulgarie - Maxppp
Gardes-frontières européens en Bulgarie © Maxppp - O. Panagiotou

Frontex comptait près de 400 agents, la nouvelle agence en emploiera 1.500, dès l'an prochain, voire davantage en cas de besoin. On les verra à la fois aux frontières terrestres et maritimes. Chaque pays fournira un contingent, au prorata de la population de chaque état. 170 personnes, pour la France, 225 pour l'Allemagne, 8 pour le Luxembourg, une centaine pour la Pologne ou pour l'Espagne, Même la Suisse est mise à contribution, elle fournira une quinzaine d'hommes. La lointaine Islande en dépêchera deux...

Préserver Schengen

Ces gardes-frontières porteront leur uniforme national, ainsi qu'un brassard bleu ciel, avec le drapeau européen. Leur pouvoir restera limité. Ils agiront sous l'autorité du pays qui les accueille. Ils pourront tout de même collecter des données et les transmettre à d'autres services, à Interpol par exemple. Ce ne sera pas une véritable police européenne des frontières, plutôt un outil de contrôle supplémentaire.

Les 28 veulent décourager les flux migratoires et préserver l'espace Schengen. L'agence aidera les Grecs, les Bulgares ou les Italiens à freiner les entrées sur leur territoire et à filtrer les migrants, mais elle n'a pas vocation à prendre ceux-ci en charge sur le plan humanitaire.

Des contrôles renforcés

Vérifier les passeports, contrôler, filtrer, escorter les clandestins renvoyés chez eux, ces agents n'auront pas toujours le beau rôle. Les douaniers grecs, par exemple, se disent désemparés et démunis face aux familles qui arrivent de Turquie, traumatisées et en mauvaise santé. Leurs nouveaux collègues européens n'auront sans doute pas les moyens, eux non plus, de mener leur tâche avec humanité.

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