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Stop aux gaz HFC : suivant l'exemple de l'Europe, un accord mondial a été adopté

Les gaz HFC, 4.000 fois plus nocifs que le CO2, sont utilisés dans la fabrication de réfrigérateurs et de climatisateurs

Tous Européens du lundi 17 octobre 2016

Par et

Un accord mondial préconisant l'abandon des HFC, gaz à effet de serre principalement employés dans la fabrication de réfrigérateurs et de climatiseurs, a été ratifié dans la nuit du 15 octobre par 197 pays. Il prévoit la diminution de production de ces hydrofluorocarbures de 80% d'ici à 2050.

Un nouveau pas en avant contre le réchauffement climatique : à Kigali, au Rwanda, un accord a été signé dans la nuit du 15 octobre pour dire "stop" aux gaz HFC. Ces hydrofluorocarbures sont essentiellement présents dans les climatiseurs et les réfrigérateurs. Aujourd'hui, 197 pays promettent de les abandonner d'ici à 2050.

Cet accord est le prolongement du protocole de Montréal, adopté en 1987. Ce traité avait notamment permis l'abandon définitif des CFC, chlorofluorocarbures, principaux responsables de la destruction de la couche d’ozone. Grâce au texte, le trou dans la couche d’ozone est résorbé à plus de 50%. Le revers de la médaille, c'est que les industriels se sont rabattus sur les HFC, employés comme gaz réfrigérants et agents propulseurs dans les aérosols et dont l'effet de serre est 4.000 fois plus puissant que le CO2.

Au niveau européen en tout cas, on savait qu'à terme les HFC seraient eux aussi abandonnés.

Clairement, l'Union Européenne a joué les avant-gardistes. Elle est dotée d'une réglementation sur la question depuis 2006 et dispose de son propre calendrier : les pays européens doivent réduire leur utilisation de HFC de 80% d'ici à 2030. L'accord international, lui, préconise 2050. Sur le sol européen, depuis le 1er janvier 2015, les hydrofluorocarbures sont interdits dans les frigos ménagers, mais ils sont encore utilisés pour la climatisation dite "de confort" dans les grandes et moyennes surfaces. Les entrepreneurs et les laboratoires travaillent à des alternatives, notamment le propane, plus propre et moins énergivore.

Aujourd'hui, ce qui est positif, c'est que la communauté internationale va s'aligner sur les standards européens, mais est-ce qu'on peut parler d'un accord historique ?

Ce serait tout de même exagéré, car les HFC ne représentent que 5% des émissions de gaz à effet de serre et ils ne sont fabriqués que par une poignée d'industriels : autrement dit, vu le degré de résistance, l'accord n'a pas été difficile à obtenir. En revanche, mettre en place une taxe carbone mondiale type "pollueurs-payeurs" sur le CO2, émis aussi bien par les entreprises que par les particuliers, ce serait une autre paire de manches.

Il ne faut pas dénigrer l'accord pour autant : il prouve que la prise de conscience progresse, il a aussi le mérite d'avoir un effet préventif. Sans lui, les experts l'assurent, les émissions de HFC auraient très vite pu atteindre les 20%. Pour mémoire, lors de la COP21 à Paris, la communauté internationale s’était engagée à contenir la hausse des températures à moins de 2 degrés d'ici à 2100. Un accord qui devrait entrer en vigueur en novembre prochain, lors de la COP22 de Marrakech.

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