Émissions Toutes les émissions

Tous Européens - Anja Vogel

Du lundi au vendredi à 20h02

3min

Après l'élection de Donald Trump: Business as usual

Par le mercredi 9 novembre 2016
Podcasts : iTunes RSS
Donald Trump élu président des Etats-Unis
Donald Trump élu président des Etats-Unis © Maxppp - Maxppp

L'élection de Donald Trump a provoqué une véritable onde de choc à travers l'Europe, à la fois surprise et inquiète... à l'exception des populistes et de l'extrême-droite. Mais comme la volonté semble à l'apaisement, les marchés financiers réagissent pour l'instant positivement.

"Parmi tous les défis que doit relever l'Europe, on est au moins sûr d'une chose: Trump ne sera pas élu", assurait il y a quelques jours un fonctionnaire européen en poste à Washington. Mais comme pour le Brexit, ce politicien chevronné s'est trompé. Même effet de douche froide, de stupeur. Assommée, l'Europe. A tel point que certaines institutions ont préféré digérer la nouvelle avant de réagir. Quant aux dirigeants de l'UE, ils ont rapidement "fait le job". Dans une lettre de félicitations, Donald Tusk, président du Conseil européen et Jean-Claude Juncker, président de la Commission soulignent l'importance de renforcer les relations transatlantiques, face au terrorisme, au changement climatique, en Ukraine, dans la crise des migrants". Nos relations sont plus fortes que tout changement politique", ajoute Federica Mogherini, la chef de la diplomatie européenne.

L'Europe veut profiter de la main tendue par Donald Trump lui-même dans son premier discours de vainqueur

A peine élu, Donald Trump a mis en sourdine sa véhémence de milliardaire mysogine et raciste, a rendu hommage à Hillary Clinton, qui lui propose même désormais de travailler avec lui; il promis d'être le président de tous les Américains, d'avoir l'économie la plus forte du monde, de doubler la croissance, de lancer de grands travaux; d'être rassembleur et ouvert, d'entretenir des relations formidables et honnêtes avec tous les pays, notamment européens. On appelle cela la Realpolitik. Aussi bien Wall Street que les Bourses européennes sont rassurées.

A noter la prudence de certains dirigeants, y compris français, et la joie des populistes qui exultent

L'élection américaine ouvre une période d'incertitude, mais la France va engager des discussions sans tarder "avec vigilance et franchise" a dit François Hollande, après avoir appelé Angela Merkel. La chancelière souligne son attachement à la dignité des personnes quelque soit leur origine, couleur, orientation sexuelle ou opinion politique. Pour son vice-chancelier Sigmar Gabriel , "Donald Trump est le pionnier d'un courant international autoritaire et chauvin". D'où la joie des populistes du monde entier, de Marine Le Pen à Victor Orban. La première ministre britannique Teresa May se dit impatiente de travailler avec lui. "Ce sera difficile, plus dur qu'avec les administrations précédentes, précise le président du Parlement Martin Schulz, mais il est le président librement élu. Il a droit à ce qu'on lui laisse une chance. On va travailler avec lui comme avec les autres".