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Tous Européens - Anja Vogel

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Donald Trump, l'ami de l'extrême-droite européenne ?

Par et le vendredi 11 novembre 2016
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Passé l'effet de surprise, l'élection de Donald Trump aux Etats-Unis a été saluée unanimement par les représentants de l'extrême-droite européenne.
Passé l'effet de surprise, l'élection de Donald Trump aux Etats-Unis a été saluée unanimement par les représentants de l'extrême-droite européenne. © Radio France -

L'élection de Donald Trump aux Etats-Unis a été saluée unanimement par les représentants de l'extrême-droite européenne : le choix d'un président isolationniste et anti-libre-échange pourrait arranger leurs affaires et donner des idées aux électeurs français, néerlandais, autrichiens ou allemands...

Pour les candidats du PVV néerlandais, de l'AfD allemand ou du FN français, le vent pourrait se lever, du moins l'élection de Donald Trump leur semble un bon signe. L'échéance la plus proche, ce sera pour les Autrichiens qui doivent retourner aux urnes début décembre. En effet, l'élection de l'écologiste Alexander Van der Bellen face au candidat de l'extrême-droite Norbert Hofer a été invalidée en mai dernier. Le duel sera serré, mais Van der Bellen ne se démonte pas. Pour lui, le succès de Trump doit être "un appel à se réveiller" : "Je ne veux pas" dit-il "que l'Autriche soit le premier pays d'Europe occidentale où des démagogues de droite prendront le pouvoir."

Les craintes sont un peu les mêmes en France et aux Pays-Bas

Les deux pays doivent se choisir un nouveau détenteur du pouvoir exécutif au premier semestre 2017. Dans l'Hexagone, Marine Le Pen jubile : elle a évidemment adressé ses plus vives félicitations au candidat républicain, ajoutant que cette élection était "une bonne nouvelle pour la France", c'est-à-dire, en réalité, pour elle-même. Chez nos voisins hollandais, le très polémique Geert Wilders, fondateur du PVV, parti pour la liberté, est en tête des sondages pour les élections législatives de mars. Il parle de la victoire de Trump comme d'un "printemps patriotique" qui devrait inspirer l'Europe. Cet été, il s'est rendu à la Convention républicaine de Cleveland, chargée d'introniser son candidat à la Maison-blanche. Wilders avait alors déclaré aux journalistes : "Ce qui se passe en Amérique se passe également en Europe."

L'ancien leader du parti britannique europhobe UKIP, Nigel Farage, était également de la partie

Nigel Farage a obtenu le Brexit, pas le pouvoir. Son but, c’était de rester dans l’opposition. C’est d’ailleurs ce qui attend en Allemagne les membres de l’AfD, le parti anti-migrants. C'est le seul pays où l’extrême-droite ne menace pas vraiment le pouvoir en place, malgré des percées récentes aux élections régionale. Les législatives allemandes sont prévues pour la fin de l’année. Certes, la chancelière Angela Merkel est moins populaire, ça ne veut pas dire que l’AfD, Alternative pour l'Allemagne, est suffisamment fort pour l'emporter. La porte-parole du parti, Frauke Petry a rappelé que l’élection de l’homme d’affaires Trump devait "encourager les citoyens allemands" à se mobiliser en 2017 pour "mettre Merkel dehors". Cela ressemble à une déclaration pour la forme... En face, les formations de droite sont prêtes à s’allier pour faire barrage. En effet, le CSU, le parti conservateur bavarois, renouvelle son soutien à Angela Merkel, certes par défaut, mais avant tout pour contenir l’AfD.