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Tous Européens - Anja Vogel

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"J'ai maintenant le devoir de convaincre tout le pays", a déclaré François Fillon après sa victoire. Il lui reste cinq mois pour cela.
"J'ai maintenant le devoir de convaincre tout le pays", a déclaré François Fillon après sa victoire. Il lui reste cinq mois pour cela. © Radio France - Elisa Brinai

François Fillon, l'europragmatique

En remportant largement la primaire de la droite, François Fillon fait désormais partie des favoris pour la présidentielle. Cela n'a pas échappé à nos voisins européens, même si l'ancien premier ministre n'a pas beaucoup parlé d'Europe pendant sa campagne. Les commentaires, attentes et projets.

"François Fillon le thatchérien promet des réformes économiques radicales", "Fillon, un catholique traditionaliste pour être à la tête d'une France laïque". La presse européenne commente largement la victoire de François Fillon, qu'elle considère comme le plus probable rival de Marine Le Pen à la présidentielle. Dont les positions sur l'islam ne diffèrent que légèrement soulignent des journaux allemands, qui insistent sur sa volonté de réduire les dépenses publiques. Son programme de libéralisation des marchés l'opposera aux syndicats annonce la presse britannique, en Espagne on insiste sur sa foi, son conservatisme sociétal, la renaissance des valeurs traditionnelles.

C'est surtout sa politique étrangère, notamment sa russophilie qui interroge nos partenaires

A commencer par l'Allemagne qui a toujours plaidé pour une fermeté intransigeante à l'égard de Moscou, alors que François Fillon prône une levée des sanctions. Pendant la campagne on l'a souvent entendu parler de la Russie, quasiment jamais de l'Union européenne. Il sait que cela peut être contre-productif. Mais évidemment il n'y échappera pas. Pas seulement pour lutter contre le terrorisme ou tenter de régler la guerre en Syrie. Crise des migrants, sortie du Royaume-Uni, traités de libre-échange, montée des populismes: comment se positionnera-t-il dans le couple franco-allemand?

Il donne quelques pistes dans son programme... mais il a surtout changé

L'époux de Pénélope Clarke née au Pays de Galles qui lui a donné 5 enfants, est loin d'être un europhile au départ, il a même voté non à Maastricht en 1992 avec Philippe Séguin. 20 ans plus tard, il affirmait défendre l'idéal européen "de toutes ses forces". Il venait de diriger les 3 gouvernements sous Nicolas Sarkozy, avec pragmatisme. Aujourd'hui il prône une Europe des Nations, "une France souveraine dans une Europe respectueuse des nations", veut faire de l'euro un outil au service de cette souveraineté, prône un gouvernement économique, un contrôle démocratique de la banque centrale européenne, appelle à reconstruire une nouvelle Union plus politique et à faire de la France le moteur de ce renouveau.

Concernant le Conseil de l'Europe, il conteste les règles de la Cour européenne des droits de l'homme de Strasbourg, notamment sur le droit d'asile ou la GPA (Gestation pour autrui) et laisse entendre qu'il pourrait ne plus respecter ses décisions... à l'image de la Russie ou du Royaume-Uni.