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Maths et sciences: bonnet d'âne pour les écoliers français

Diffusion du mardi 29 novembre 2016 Durée : 2min

Alors que l'on attend la publication dans une semaine de l'étude PISA sur les compétences des élèves de l'OCDE, une autre consacrée exclusivement aux maths et aux sciences place les écoliers français tout en bas du classement européen. La ministre de l'Education accuse l'ancien gouvernement Fillon.

A l'âge de 9/10 ans, les élèves français de CM1 affichent les pires résultats de l'UE, derniers en maths, avant-derniers en sciences, devant Chypre. Le résultat de l'étude internationale TIMSS, publiée depuis 20 ans par une association scientifique indépendante basée aux Etats-Unis et à laquelle la France participe pour la première fois, pose question. 5000 écoliers ont été testés au printemps 2015, en même temps que des dizaines de milliers d'autres. En revanche en terminale scientifique, les lycéens français sont dans la moyenne; en spécialité maths ils font même partie des meilleurs élèves selon une autre enquête baptisée TIMSS advanced.

Comme souvent, ce sont les pays d'Asie de l'Est qui arrivent en tête

Singapour, Hong Kong, Corée du Sud, Taïwan et Japon occupent les premières places du classement en maths. Le premier pays de l'UE est l'Irlande du Nord, 6e. En sciences on retrouve les mêmes pays en tête, avec la Russie. La Finlande, premier pays européen, arrive à la 7ème place. Les scores des élèves français sont très en deça des moyennes, internationale et européenne; 13% ne posséderaient pas les connaissances élémentaires en CM1.

Les professeurs des écoles ne ménagent pourtant pas leurs efforts

Et y consacrent beaucoup de temps: 193 heures par an aux mathématiques, soit plus que le volume prescrit par les programmes de 2008 et plus que la moyenne des autres pays. A l'inverse ils consacrent moins d'heures que recommandé aux sciences. Nos enseignants se disent moins à l'aise que leurs collègues européens pour améliorer la compréhension des élèves en difficulté, aider à comprendre l'importance des maths ou des sciences, leur donner du sens. Cela pourrait être dû au fait que la grande majorité d'entre eux sont issus de filières non scientifiques. Autre explication avancée par notre ministre de l'Education: les enfants testés ont suivi les programmes de 2008, donc du gouvernement Fillon (ministre de l'Education nationale sous Jacques Chirac). Najat Vallaud-Belkacem parle d'une "génération sacrifiée" et l'assure: les nouveaux programmes entrées en vigueur en 2016 sont moins lourds et accompagnent bien mieux les enseignants.