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Tous Européens - Anja Vogel

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La survie des campagnes européennes passe par les contrats

Par le vendredi 16 décembre 2016
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Manifestation d'agriculteurs alsaciens contre les pratiques de la grande distribution, près de Strasbourg
Manifestation d'agriculteurs alsaciens contre les pratiques de la grande distribution, près de Strasbourg © Radio France - Corinne Fugler

L'année écoulée a été particulièrement difficile pour les agriculteurs français. En cause, les aléas climatiques, parfois, mais surtout la volatilité des prix. Pour protéger les agriculteurs, le Parlement européen veut doter la PAC, la politique agricole commune, de nouveaux outils.

En 2016, les chefs d'exploitation français ont vu leurs revenus chuter d'un quart, en moyenne, selon l'Insee. Ils ne sont pas les seuls à connaître une régression de leur résultats en Europe. Lait, viande bovine, porc, céréales, tous ces secteurs souffrent de prix instables. Ils souffrent aussi de pratiques commerciales déloyales. On connait la situation des producteurs de lait, obligés de vendre leurs bidons à perte. Fin novembre, en Bretagne, la Confédération paysanne a même déposé plainte contre plusieurs groupes laitiers pour "extorsion".

Bruxelles doit inventer de nouveaux outils

La PAC, la politique agricole commune, doit nous assurer une alimentation de qualité et aider dans le même temps les agriculteurs à vivre de leur activité. Pourtant, l'Europe manque d'outils pour stabiliser les marchés. La fin des quotas laitiers a fait chuter les prix, elle a aussi généré une surproduction. Ainsi la collecte de lait grimpe de 2 à 3% chaque année dans l'UE. L'association des producteurs de lait européens, l'European Milk Board, propose de borner les prix, de fixer un minimum et un maximum, pour limiter l'instabilité.

Des observatoires pour aider les producteurs à négocier

Encadrer les prix, c'est également ce que réclament les députés européens. Ils ont voté cette semaine à Strasbourg le rapport de leur collègue Angélique Delahaye. Cette députée LR, elle-même maraîchère en Touraine, défend la mise en place de contrats, entre agriculteurs, distributeurs et transformateurs. A condition de bien négocier ces contrats. Les exploitants n'ont pas toujours le poids nécessaire pour peser dans la négociation. La Commission européenne doit les aider, disent les députés, les inciter à se regrouper, proposer des contrats standards et transparents, avec des tarifs clairs et un calendrier. Elle doit créer des observatoires européens, pour renseigner les négociateurs sur les disponibilités en matière première et sur les prix en vigueur dans leur secteur.

Le dumping social nuit aux agriculteurs français

Les députés s'inquiètent aussi des pratiques déloyales en matière d'emploi. Les travailleurs détachés sont très nombreux dans les champs et dans les abattoirs. Ils viennent pour la plupart de l'est, de pays qui justement refusent qu'on verse à ces saisonniers les salaires en usage dans les états qui les emploient, plus à l'ouest. Le coût de la main d’œuvre, un aléa européen qui fragilise là aussi les agriculteurs français.