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Assistants parlementaires: les pays scandinaves et le Parlement européen montrent l'exemple

Par le jeudi 26 janvier 2017
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Pénélope et François Fillon
Pénélope et François Fillon © Maxppp - Maxppp

François Fillon contre-attaque sur les soupçons d'emplois fictifs visant sa femme Pénélope; il a remis des documents au parquet financier qui enquête. Face au manque de transparence, les pays scandinaves et le Parlement européen interdisent déjà l'emploi de proches comme assistants parlementaires.

Faire travailler un proche comme assistant parlementaire est une pratique encore très répandue en Europe. Seuls quelques pays l'interdisent: les Etats scandinaves, particulièrement vertueux, les Pays-Bas et l'Allemagne: un député au Bundestag ne peut pas utiliser ses 20.000 euros mensuels pour rémunérer "époux, épouse ou conjoint actuel ou passé". En Autriche, l'usage veut qu'on ne le fasse pas. En Europe centrale et dans les pays méditerranéens, on s'autorise ce qui n'est pas interdit, comme en France, en Irlande et au Royaume-Uni, où près d'un quart des députés emploient un membre de leur famille; depuis 2010, un seul emploi de ce type est autorisé par député.

Le Parlement européen n'a pas hésité à interdire dès 2009 l'emploi de proches pour l'ensemble de ses membres

Pendant des années les milliers d'assistants parlementaires relevaient de contrats de droit de privé et du bon vouloir des députés. Le Parlement a d'abord réformé la rémunération et le statut des députés, puis celui des assistants, beaucoup sont devenus fonctionnaires européens, ce qui leur permet de toucher une assurance chômage, leur rémunération varie entre 1600 et plus de 7000 euros, à condition qu'il secondent bien le député dans son activité parlementaire à Strasbourg, Bruxelles et Luxembourg. Ce qui n'est pas le cas des deux assistants du FN pour lesquels l'office européen de lutte anti fraude réclame 340.000 euros de remboursement. En tout cas les frais d'assistance ne peuvent servir à payer des conjoints, partenaires stables, parents, enfants, frères ou soeurs ou, en général, donnant lieu à la possibilité d'un conflit d'intérêts, précise le Parlement.

Ce qui n'empêche pas les petits arrangements entre proches, entre amis

Depuis l'entrée en vigueur de la réforme en 2009, on a vu des assistants parlementaires changer de député, de bureau, le fils ou l'épouse être embauché par un collègue et réciproquement. D'autant plus qu'il y a, à côté des assistants accrédités, des assistants locaux chargé d'assister l'eurodéputé dans son pays, sa circonscription. Leur salaire est aligné sur celui du pays. En 2015, un lituanien en totalisait 27. Chaque député dispose d'une enveloppe de 21 349 euros mensuels pour les rémunérer, ce qui dans le cas des lituaniens nous ramène à moins de 800 euros par assistant.