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Tous Européens - Anja Vogel

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Marine Le Pen sommée de rembourser l'Europe

Par et le mercredi 1 février 2017
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Elle doit rembourser 340.000 euros
Elle doit rembourser 340.000 euros © Maxppp -

Marine Le Pen est au coeur d'une affaire d'emplois fictifs au Parlement européen. L'institution réclame 340.000 euros, une somme qui aurait servi à rémunérer deux collaborateurs officiant pour le parti. Face au refus de la dirigeante de rembourser, des retenues sur salaire démarreront en février.

Il n'y a pas que François Fillon dans la tourmente...

Marine Le Pen est au coeur d'une affaire d'emplois fictifs au Parlement européen. L'institution réclame en tout 340.000 euros à la présidente du Front national, une somme qui aurait servi à rémunérer deux collaborateurs officiant pour le parti, enfin surtout une collaboratrice à hauteur de 300.000 euros. Face au refus de la dirigeante frontiste de rembourser, des retenues sur salaire démarreront en février.

Le Parlement pourrait récupérer entre 7.000 et 8.000 euros par mois. Cette procédure s'appuie sur une enquête de l'Olaf, l'Office européen de lutte anti-fraude, qui a longuement auditionné Catherine Griset, soupçonnée d'avoir été la collaboratrice fantôme de Mme Le Pen entre 2010 et 2016. Collaboratrice qui a pourtant signé un contrat de travail d’assistante "accréditée", un statut qui, selon le règlement du Conseil du 23 février 2009, oblige le salarié à résider dans l'un des trois lieux de travail du Parlement européen, Strasbourg, Bruxelles ou Luxembourg.

A ne pas confondre avec le statut d'assistant "local"...

Si l'assistant "accrédité" est assigné à résidence et sous contrat avec l'UE, l'assistant local, lui, a le droit de résider dans le pays d'origine de son député. C'est sur cette ambiguïté que joue l'avocat de Marine Le Pen. Mais l'enquête de l'Olaf est formelle : Catherine Griset était tenue d'habiter Bruxelles mais aucun logement à son nom n'a pu être identifié, et au niveau des entrées et des sorties au Parlement, c'est silence radio. Entre le 1er octobre et le 31 décembre 2014, elle ne passera que trois heures sur place.

Est-ce que d'autres cas d'emplois fictifs ont été recensés au Parlement ?

Selon le site Euractiv, rémunérer des assistants pour d'autres tâches que celles proprement européennes est monnaie courante parmi les partis les plus eurosceptiques, avant des élections, ou encore, chez les députés issus des pays de l'Est : par exemple, en 2013, 80 d'entre eux disposaient d'une dizaine d'assistants chacun, rémunérés selon les grilles salariales de leurs pays d'origine, nettement moins exigeantes qu'à l'Ouest. Aujourd'hui, de nombreux eurodéputés sont favorables à un renforcement des contrôles... Entre 2013 et 2015, il était question de créer un "parquet européen". L'idée a été momentanément abandonnée mais depuis octobre dernier, elle a refait surface.