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Et si le bonheur n'était pas la richesse de l'argent

Les indicateurs de richesse

Tous Européens du jeudi 22 septembre 2016

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Les ménages français sont plus riches que les allemands. Résultat d'une étude mondiale consacrée au patrimoine financier, publiée par la compagnie d'assurance allemande Allianz. Lorsqu'on y regarde de plus près, le classement s'avère moins surprenant.

Et si le bonheur n'était pas la richesse de l'argent

Si les ménages français sont plus riches que les allemands, c'est parce qu'ils sont plus avisés dans leurs placements. Et ont ainsi mieux résisté aux conséquences d'une politique monétaire qualifiée d'"accommodante", le maintien de taux d’intérêt faibles pour soutenir l’économie. Nos dépôts bancaires sont moins nombreux et nos actifs financiers plus rentables, alors qu'outre-Rhin, les ménages sont très friands d'obligations d'Etat allemandes les fameux Bunds dont le rendement est proche de zéro, même négatif désormais. Ce qui fait dire aux auteurs de ce classement qu'"il est temps que les Allemands suivent l'exemple de la France".

En réalité, la position de la France s'est fortement dégradée

Avec des actifs financiers nets de 53.430 euros par habitant, nous nous situons au 16e rang mondial, alors que nous pointions encore à la 9e place en 2000. L'Allemagne quant à elle est restée stable mais n'occupe que le 18e rang. Alors évidemment nous parlons ici des ménages qui ont les moyens de placer de l'argent. Cette classe moyenne qui explose actuellement en Chine et globalement en Asie s'est agrandie et enrichie, mais elle est en recul dans les pays développés notamment au Royaume uni, et dans les pays les plus touchés par la crise dans la zone euro; l'Irlande, l'Italie et bien sûr en Grèce.

En revanche pas d'inquiétude pour les 10% de la population la plus aisée

Le haut de la pyramide comme elle est qualifiée dans l'étude, qui s'éloigne de plus en plus de la classe moyenne. Mais parce que l'argent ne fait pas le bonheur, de plus en plus de pays y compris européens affinent désormais leurs indicateurs de richesse en y intégrant, en plus des critères monétaires, la situation sociale et environnementale, le bien-être, le sentiment de bonheur justement. Où l'on se rend compte, comme le souligne l'OCDE, qu'une personne qui s'enrichit ne voit pas son niveau de satisfaction augmenter proportionnellement et que "le score de bonheur est plus élevé lorsqu'on a un emploi, des liens familiaux étroits, une meilleure santé, une meilleure éducation, et que l'on vit dans un pays où les inégalités de revenus sont moins marquées".

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