Toutes les émissions Émissions

Du lundi au vendredi à 20h02

"Bahamas Leaks": les efforts de probité de la Commission Juncker d'autant plus nécessaires

L'ancienne Commissaire européenne Nellie Kroes

Tous Européens du vendredi 23 septembre 2016

Par

Les révélations sur Nellie Kroes suscitent l'indignation et Bruxelles n'exclut pas des sanctions contre l'ex-commissaire à la Concurrence, qui aurait omis de déclarer qu'elle dirigeait une société offshore pendant son mandat. Ce qui juridiquement est plus condamnable que Barroso chez Goldman Sachs.

"Bahamas Leaks": les efforts de probité de la Commission Juncker d'autant plus nécessaires

L'affaire Neelie Kroes tombe évidemment très mal, après le tollé déclenché par l'arrivée de José Manuel Barroso chez Goldman Sachs, et alors que son successeur à la tête de la Commission Jean-Claude Juncker affiche fermeté et probité notamment pour combattre l'euroscepticisme. Des clarifications sont encore exigées par Bruxelles, mais l'ancienne Commissaire à la Concurrence semble bien être restée en 2004 administratrice ou directrice d'une société offshore aux Bahamas, activité incompatible avec son mandat et qu'elle aurait évidemment dû déclarer. D'autant plus que la libérale néerlandaise est devenue ensuite vice-présidente de la Commission chargée de la Société numérique jusqu'en 2014, toujours avec José Manuel Barroso.

Nellie Kroes risque aujourd'hui plus que l'ancien président de la Commission

Le fait qu'il soit embauché par la banque mise en cause pour son rôle dans la crise financière de 2008 puis dans celle de la dette grecque est moralement tout à fait condamnable, mais juridiquement, l'ancien président de la Commission ne devrait pas être inquiété puisqu'il a respecté le délai de 18 mois fixé par le code de conduite européen. Attendons toutefois le résultat de l'enquête. Or Neelie Kroes elle était en fonction, même si elle se défend en disant qu'elle pensait que l'entreprise avait été liquidée en 2002. Et dans ce cas la sanction prévue pour « faute grave » est la suppression de la pension qu'elle n'a pas encore reçue autour de 10.000 euros ou des autres avantages l’ancienne commissaire a touché sur une période transitoire 65 % de son salaire de base total, qui était de 20 000 €.

L'ancienne Commisaire s'était déjà attirée les foudres de l'actuelle équipe Juncker

Parce qu'elle collabore désormais avec la société américaine Uber qu'elle avait défendue contre les chauffeurs de taxis lorsqu'elle était commissaire. Mais là après avoir attendu les 18 mois nécessaires. Plus récemment pour avoir exprimé des doutes sur la décision de Bruxelles de réclamer à Apple le remboursement à l'Irlande de 13 milliards d'euros d'arriérés d'impôts. Comme vous le savez Dublin et la multinationale ont fait appel. Or le combat pour la probité doit être mené avec les Etats membres.

Partager sur :