La baleine et le maquereau détournent l'Islande de l'Europe

Pêche Islande

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L'Europe est-elle en train de perdre son attrait? L'Islande ne veut plus rejoindre l'Union européenne. Dans ce pays, qui a connu une grave crise financière en 2008, l'opinion publique est nettement eurosceptique. Ses pêcheurs refusent aussi les quotas de poissons fixés par Bruxelles. Proche de l'Europe sans en être, le pays préfère son statut actuel.

"Les intérêts de l'Islande sont mieux servis en dehors de l'Union européenne!", c'est son ministre des affaires étrangères qui l'affirme. L'Islande l'a annoncé très officiellement ce jeudi 12 mars 2015 aux autorités lettones, qui président actuellement l'Union. Le pays avait déposé sa candidature en 2009, en pleine crise financière. L'euro apparaissait alors comme une planche de salut. Depuis, son gouvernement a changé. La nouvelle coalition au pouvoir à Reykjavik a promis avant son élection de stopper les démarches d'adhésion. Et puis l'U.E. a connu les "PIGS", les déboires du Portugal, de l'Irlande, de la Grèce et de l'Espagne. La Troïka a mis la Grèce au régime sec. Enfin l'euro a plongé face au dollar.

L'économie islandaise quitte la zone rouge

Son système bancaire s'était effondré, en 2008, lors de la crise des subprimes. On se souvient du scandale de la banque Icesave. De nombreux Islandais, qui avaient contracté des crédits avant 2008, ont connu des temps difficiles. Mais aujourd'hui le pays a renoué avec l'emploi. Le chômage est tombé l'an dernier sour les 5%. Le tourisme apporte de belles rentrées de devises. Le pays est dans l'espace Schengen, ce qui lui permet d'accueillir sans formalités de nombreux vacanciers. Satellite de l'Europe, l'Islande a conclu beaucoup d'accords avec l'U.E. Elle fait partie de l'espace économique européen. Bref, elle garde les bons côtés des 28, et évite les inconvénients.

La pêche, dossier très sensible

Reykjavik conteste les quotas de pêche réclamés par Bruxelles. En 2010, les Islandais ont gonflé d'autorité leur quota de maquereaux, sous prétexte que le changement climatique avait poussé cette espèce vers leur île. Cette "guerre du maquereau" a beaucoup fâché les pêcheurs européens. Il y a aussi la chasse à la baleine, proscrite partout, mais toujours en usage en Islande. Il y a quelques mois, Bruxelles a sommé Reykjavik de mettre fin à cette pratique.Plus globalement, la politique d'élargissement des 28 s'essoufle: mollement encouragée, la Turquie piétine toujours dans l'anti-chambre, avec plusieurs républiques des Balkans.

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