La réforme du rail, un grand chantier européen

Manifestation contre la réforme du rail en février 2014 à Strasbourg

Émission 

Les cheminots sont en grève depuis lundi soir (19h), jusqu'à mercredi 8h. Le trafic devrait être normal sur les grandes lignes et en Ile-de-France ce mardi, selon la SNCF. On annonce huit TER sur dix en région. La grève a été lancée par la CGT. Le syndicat dénonce la réforme ferroviaire engagée à la SNCF en début d'année. D'autres pays européens ont déjà fait évoluer le transport par rail ces dernières années, comme l'Allemagne ou le Royaume-Uni.

C'est l'ambition de la Commission européenne: renforcer la concurrence pour améliorer les services. Encourager les opérateurs privés à lancer leurs propres trains sur les réseaux nationaux, sans brader pour autant la sécurité ou le droit du travail.Ce "paquet ferroviaire" a été largement critiqué et amendé il y a un an par le Parlement européen. Rien n'est encore bouclé.La Grande Bretagne n'a pas attendu des directives européennes pour faire évoluer le transport ferroviaire. Le pays a privatisé ses lignes il y a plus de vingt ans. Même l'Ecosse gère elle-même ses chemins de fer aujourd'hui. Plusieurs accidents graves, entre 1997 et 2000, ont sérieusement entamé la réputation du rail britannique. Mais c'est de l'histoire ancienne. La confiance semble revenue et la fréquentation des trains a grimpé.

L'Allemagne, elle aussi, a profondément réformé son rail. Elle a ouvert cette activité à la concurrence. Elle a confié le transport ferroviaire aux Länder, ses régions administratives. Des sociétés comme Transdev ou Kéolis sont implantées depuis longtamps de l'autre côté du Rhin. Et le trafic passagers est en hausse.

Les Pays-Bas et l'Italie privatisent également

L'Italie joue pleinement la concurrence pour ses lignes TGV. En matière de lignes à grande vitesse, la société Trenitalia est bien moins chère que la SNCF, avec une offre très large.  Dans l'Union européenne, c'est l'Italie qui affiche les investissements publics les plus bas, 13 centimes par passager au km, contre 23 en France.Les Pays-Bas ont ouvert leur réseau à la concurrence il y a une quinzaine d'années. Cette évolution a permis de développer l'offre et de construire de nouvelles gares. Les Néerlandais ont aussi tablé sur le multimodal. Bus et trains sont interconnectés, c'est un gain de temps pour les voyageurs.

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