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En Belgique, la grève des cheminots renforce le clivage entre Wallons et Flamands

Tous Européens du mercredi 6 janvier 2016

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La grève des cheminots en Belgique. Ils ont entamé mardi soir un mouvement social pour protester contre les suppressions d'emplois. Eurostar et Thalys ont été contraints d'annuler leurs liaisons internationales. Et d'importantes perturbations sont à prévoir encore jusqu'à vendredi.

En Belgique, la grève des cheminots renforce le clivage entre Wallons et Flamands

Les syndicats francophones de cheminots protestent contre un plan d'augmentation de la productivité voulu par le gouvernement belge qui s'applique progressivement depuis le 1er janvier, en dépit des économies imposées. Ils réclament également des garanties sur l'emploi. Les cheminots exigent le maintien d'un nombre d'agents minimum. 30 % d'entre eux atteindront l'âge légal de la retraite d'ici 2019.

Une grève des cheminots francophones

Elle touche essentiellement la Wallonie et Bruxelles. Il s'agit d'une grève partielle car les cheminots flamands eux ont levé leur préavis de grève fin décembre à la suite d'une promesse du gouvernement de nommer un médiateur. C'est la première fois qu'il existe une telle fissure sociale dans l'histoire du pays. Dans le système fédéral belge, les syndicats faisaient partie des dernières institutions nationales à ne pas avoir été coupées en deux par la frontière linguistique. C'est le cas en revanche, par exemple, pour les médias. Résultat: seuls 15% des trains ont circulé côté Wallon ce mercredi, contre 68% chez les Flamands.

Cette grève du rail vient confirmer un clivage croissant entre les deux principales régions belges

C'est une aubaine pour le parti nationaliste flamand, le N-VA, qui a profité de cette grève à deux vitesses pour réclamer une scission opérationnelle du réseau ferré belge. Lui qui prône depuis des années l'indépendance de la Flandres. Il faut savoir que de nombreuses lignes traversent le pays du nord au sud. Pour l'alliance néo-flamande, il n'est pas nécessaire par exemple, qu'une ligne ailles d'Anvers dans le Nord, à Charleroi dans le Sud. Ces lignes pourraient être coupées à Bruxelles. Les Flamands n'auraient ainsi pas à subir les conséquences des grèves menées en Wallonie. Certains trains seraient également quasiment vides à certaines heures à partir de Bruxelles. L'opposition de son côté dénonce l'instrumentalisation d'un conflit social pour faire avancer un projet de scission. Projet qui pourrait mener à la création de 6 sociétés de chemin de fer pour la Belgique.

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