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Tous Européens - Anja Vogel

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Non à l'alimentation issue du clonage

le mardi 8 septembre 2015
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Cochons clonés en Chine.
Cochons clonés en Chine.

Le Parlement européen veut interdire la reproduction par clonage dans les exploitations agricoles. Pas question de commercialiser de la viande des descendants d'animaux clonés. Les eurodéputés ont voté cette interdiction le 8 septembre à Strasbourg, à une large majorité.

Mardi 8 septembre, les députés européens ont voté contre la commercialisation de la viande issue d'animaux clonés. En fait, il n'y a pas de risque a priori de déguster un jour une brebis clonée, un animal cloné coûte trop cher, mais nous mangeons peut-être parfois dans le savoir la viande de ses rejetons. Pour le moment, pour commercialiser ce type de produit, il faut l'aval de l'Autorité européenne de sécurité des aliments. Mais cette restriction ne concerne pas la viande venue des USA ou d'Australie. Les éleveurs européens n'ont pas recours au clonage, mais ils ont le droit d'importer du bétail produit grâce à cette technique. En principe, un animal cloné n'est pas un OGM, il n'est pas génétiquement modifié, il est la copie d'un autre organisme. L'EFSA s'inquiète tout de même de la mauvaise santé et de la fragililité de ces bêtes. L'agence a déjà formulé des réserves à plusieurs reprises.

Quid du bien-être animal?

Le clonage pose en effet des question éthiques. Pour l'eurodéputée allemande qui a rédigé le rapport voté mardi par le Parlement européen à Strasbourg, dupliquer un animal, c'est de la torture. Les bêtes souffrent de malformations, elles meurent très vite. Les éleveurs américains ne s'embarrassent pas de ce genre de questions. D'où les réticences de la Commission européenne. Bannir le boeuf issu du clonage, c'est se mettre à dos des partenaires commerciaux qui comptent. Aux Etats-Unis, en Australie, en Argentine ou au Brésil, les éleveurs utilisent de la semence ou des embryons d'animaux clonés. Ils vendent la viande et le lait de leurs descendants. Mais pour le commissaire en charge du dossier, la très large interdiction réclamée par le Parlement "n'est pas justifiée".

Le débat est lancé

Le Conseil de l'Union européenne, c'est à-dire les ministres des 28 concernés par le sujet, va se positionner à son tour. Si les ministres sont sur la même ligne que les députés, l'interdiction pourrait intervenir dès 2016. Précisons que le Parlement veut bannir le clonage des élevages, pas de la recherche fondamentale. Il peut être utile, par exemple, de recourir à cette technique pour préserver des espèces menacées.