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L'Europe va se partager les exilés

Par le mercredi 9 septembre 2015
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Jean-Claude Juncker devant le Parlement européen
Jean-Claude Juncker devant le Parlement européen - Parlement européen

Dans quelles conditions les pays d'Europe vont-ils accueillir les nouveaux migrants? Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, a présenté mercredi 9 septembre 2015 ses propositions pour répartir les migrants entre tous les pays.

Jean-Claude Juncker demande aux 28 de se répartir immédiatement 160.000 réfugiés. "Ce n'est pas l'heure d'avoir peur", a déclaré le président de la Commission européenne devant le Parlement européen, réuni à Strasbourg.

Il faut rapidement alléger la pression qui pèse sur la Grèce, l'Italie et la Hongrie, les trois pays en première ligne actuellement sur la route des migrants.

La Commission s'était déjà engagée en mai à relocaliser 40.000 réfugiés dans d'autres pays d'Europe, sans résultat visible. Elle veut maintenant trouver un point de chute pour 120.000 exilés supplémentaires.

Vers quels pays aiguiller ces migrants?

La Commission veut une répartition proportionnelle, équitable, selon des critères indiscutables, comme la taille du pays d'accueil, celle de sa population, son taux de chômage, son PIB. Les pays qui ne se montrent pas coopératifs paieront des pénalités

La France est censée recevoir 24.000 personnes. L'Allemagne, 31.400, selon le barème de la Commission, mais Angela Merkel a déjà annoncé la venue de 800.000 personnes cette année. Le tout petit Luxembourg doit en accueillir 440, l'ile de Chypre, moins de 300, la Pologne plus de 9.000.

Cette répartition n'est pas contraignante

Il s'agit pour le moment d'une proposition de la Commission européenne, qui n'a pas encore reçu le feu vert des états. Un sommet extraordinaire sur la migration est d'ailleurs prévu lundi prochain, le 14 septembre.

Depuis un moment, dans ces conférences internationales, il est question de quotas, de coopération avec les Grecs et les Italiens, d'appel à la solidarité. Il est aussi question d'harmoniser les critères d'accueil, en listant les pays sûrs et ceux qui ne le sont pas. Les eurodéputés, qui ont approuvé les dispositions d'urgence proposée par Jean-Paul Juncker, ont aussi réclamé un système d'immigration légal et lisible, avec une "green card" à l'américaine.

En attendant, l'île de Lesbos, en Grèce, doit nourrir 20.000 réfugiés, tandis que le Danemark a décidé mercredi d'interrompre ses liaisons ferroviaires avec l'Allemagne, pour empêcher des groupes de migrants de rejoindre directement la Suède.