Émissions Toutes les émissions

Tous Européens - Anja Vogel

Du lundi au vendredi à 20h02

2min

Drame des migrants : faut-il supprimer l'espace Schengen?

Par le jeudi 17 septembre 2015
Podcasts : iTunes RSS
Onze réfugiés ont été découverts, le 17 septembre, dans un camion en Bretagne.
Onze réfugiés ont été découverts, le 17 septembre, dans un camion en Bretagne.

L'espace Schengen qui permet la libre circulation des citoyens à l'intérieur de ses frontières est fragilisé. Avec la crise des migrants, des pays européens rétablissent les contrôles aux frontières.

"L'Union européenne abat les murs, elle ne les construit pas" : déclaration symbolique ce jeudi du chef du gouvernement italien alors que les murs et les contrôles aux frontières se multiplient en Europe. L'immigration est un problème communs à tous les Etats-membres et pourtant ces derniers sont divisés aujourd'hui. Après qu'Angela Merkel a décidé cette semaine de rétablir les contrôles aux frontières, l'Autriche, la Slovaquie et la Republique Tchèque lui ont emboité le pas. La France et la Pologne l'envisagent elles aussi. Pourtant il s'agissait pour l'Allemagne d'une décision avant tout politique. La chancelière allemande veut faire pression sur ses voisins pour une meilleure répartition des réfugiés. D'autres pays sont allés plus loin on le sait, comme la Hongrie et sa clôture métallique de 175km avec la Serbie. Elle envisage de faire pareil avec sa frontière avec la Roumanie. Quant à la Macédoine elle aussi pourrait elle construire un mur pour limiter l'afflux venant de Grèce.

Les Etats-membres ont la possibilité de rétablir ces contrôles dans l'espace Schengen

C'est prévu dans les accords de Schengen à condition qu'il s'agisse de contrôles exceptionnels et temporaires...donc pour une durée de 6 mois maximum. Pour cela il faut au préalable l'accord des autres Etats membres. Ces contrôles doivent être justifiés par une menace grave pour la sécurité ou par des défaillances graves aux frontières extérieures qui mettrait en danger le fonctionnement global de l'espace Schengen. Ces mesures ont déjà été prises une vingtaine de fois depuis 1995, la plupart du temps pour des sommets politiques ou pour de grands évènements sportifs. La France l'a utilisé en 95 lors des menaces terroristes et après les attentats de 2001. Mais c'est la première fois qu'il est invoqué pour la pression migratoire. Il ne faut pas non plus oublier que les personnes extérieures à la zone euro doivent remplir des conditions strictes si elles veulent entrer dans Schengen. Il existe également un système d'information Schengen pour identifier les individus et distinguer les personnes interdites de séjour ou recherchés.

 Supprimer Schengen pourrait pourtant avoir des conséquences importantes en Europe

Ce qui est certain c'est que ce ne sont pas des postes frontières qui empêcheront les réfugiés de passer en Europe. Ils ne seront pas non plus un obstacle au terrorisme étant donné que des dizaines d'européens ont rejoints les rangs des jihadistes en Syrie ou en Irak et ont donc des passeports nationaux. Mais supprimer la libre circulation aurait des conséquences sur les Européens et notamment sur les travailleurs frontaliers. Ils sont 350 000 en France. Le tourisme serait lui aussi affecté. Sans parler des produits importés qui subiraient plus de contraintes administratives. Enfin la mobilisation de dizaine de milliers de policiers aux postes frontières risquerait d'augmenter les dépenses publiques. Un problème commun persiste aux Etats européens: c'est l'absence de politique européenne d'asile commune.

Reste qu'il n'existe pas de politique européenne d'asile commune et que 80% des Français restent favorable à un rétablissement des contrôles. Sur cette question, ce sont les Etats-membres qui restent divisés. Ils se prononceront le 22 septembre prochain. Les eurodéputés comme la Commission Européenne eux ont voté en faveur de la répartition de 120 000 réfugiés dans l'Union européenne.