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Faute de solidarité européenne, la crise des migrants s'aggrave

Migrants à Athènes

Tous Européens du jeudi 1 septembre 2016

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Il y a un an, la photo du corps sans vie du petit Aylan sur une plage turque faisait le tour du monde. L'Allemagne décidait d'ouvrir ses frontières, avant de les refermer sous la pression des Européens. Depuis, la situation ne fait qu'empirer, en Grèce, en Italie, à Calais.

Faute de solidarité européenne, la crise des migrants s'aggrave

Fin août 2015, la découverte de 71 cadavres dans un camion frigorifique en Autriche secoue l'opinion publique; le 2 septembre, la photo du petit Aylan, Syrien de trois ans gisant noyé sur une plage turque crée une véritable onde de choc dans une Europe jusque là peu sensible aux innombrables naufrages. La chancelière allemande Angela Merkel, si intransigeante sur la dette grecque, se transforme en mère Teresa, accueille en masse les réfugiés, plus d'un million, avant de faire volte-face. Ses partenaires lui reprochent de créer un appel d'air, de semer la zizanie, de permettre l'infiltration de terroristes parmi les réfugiés.

La fermeture des frontières n'a pourtant rien arrangé non plus

Elle a juste rendu les migrants moins visibles, vidé les routes et rempli les camps. Depuis la fermeture de la route des Balkans et l'accord avec la Turquie plus de 50.000 personnes sont piégées en Grèce, où la société civile se mobilise sans relâche pour éviter une catastrophe humanitaire. Les arrivées quotidiennes ont repris; Ankara met la pression sur l'Europe pour obtenir la levée des visas pour ses ressortissants. Mais une autre route s'est rouverte, plus dangereuse encore, celle de la Méditerranée; des milliers de personnes tentent la traversée chaque jour au péril de leur vie: depuis dimanche l'Italie a vu débarquer plus de 12.500 migrants secourus sur ses côtes.

D'où les récentes tensions à la frontière franco-italienne... et une situation dramatique à Calais

Où les migrants continuent d'affluer, beaucoup de mineurs isolés, 7 à 9000 personnes la plupart sans hébergement. Pour les empêcher de rejoindre le Royaume-Uni et gérer les tensions, 1000 policiers et gendarmes français sont mobilisés jour et nuit, 100 millions d'euros ont été débloqués par les Britanniques pour sécuriser ports et tunnel sous la Manche. Malgré le vote sur le Brexit, les accords du Touquet signés entre les deux pays, ne seront pas remis en cause: Paris et Londres promettent de collaborer étroitement pour réduire la pression migratoire. Sans solidarité européenne, cela parait difficile.

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