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Des salaires plus bas pour les réfugiés en Europe? Une suggestion du FMI

Par le jeudi 21 janvier 2016
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Migrants sur l'île grecque de Lesbos
Migrants sur l'île grecque de Lesbos © Maxppp - D. Balducci

Les migrants, "une chance pour l'Allemagne", affirmait la Chancelière Angela Merkel lors de ses vœux de Nouvel An. Le FMI, le Fonds monétaire international, tempère ce jugement. Intégrer les migrants dans les différents pays de l'Union européenne pourrait prendre du temps. Et coûter cher!

Le FMI s'est intéressé aux conditions d'accueil des migrants en Allemagne, en Autriche ou en France. Premier constat: leur intégration risque de coûter cher, 0,57% du PIB pour le Danemark, 1% pour la Suède, 0,06% pour la France.

Les états dépensent de l'argent pour assurer l'hébergement et la formation des nouveaux arrivants. Si ces mécanismes d'intégration fonctionnent correctement, les migrants consommeront, paieront des taxes, paieront des impôts, et les états récupéreront à terme leur investissement. Pas sûr, cependant, que les nouveaux venus rejoignent rapidement le marché du travail, dans des pays éprouvés par le chômage.

De nombreux réfugiés ont un bagage professionnel

C'est le constat du FMI. En 2013 et en 2014, 20% des Syriens arrivés en Allemagne avaient fait des études supérieures. Mais il n'est pas facile de rebondir dans un pays dont on ne maîtrise pas la langue et qui ne reconnait pas vos diplômes.

Pour accélérer l'intégration économique de ces migrants, les experts du FMI ont leur petite idée: il suffit de les payer moins. Ils suggèrent d'autoriser les employeurs à aller en dessous du salaire minimum quand ils font appel à des réfugiés, pendant quelques temps. Évidemment, les experts le reconnaissent, cet aménagement risque de créer un marché de l'emploi à deux vitesses, un défi pas facile à assumer pour les états concernés.

Un salaire minimum dans la plupart des états

22 pays sur 28, en fait, garantissent un salaire plancher aux plus vulnérables. L'Allemagne a franchi le pas tout récemment. L'Autriche, la Suède ou le Danemark, trois pays qui aimantent les migrants, font partie des exceptions. L'Union européenne, de son côté, préfère offrir un soutien aux pays d'accueil et des "hot spot" pour relocaliser les réfugiés dans les différents états. Et aussi renvoyer vers leur pays les exilés les moins menacés.