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Tous Européens - Anja Vogel

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Faut-il négocier avec Bachar El Assad?

Par le jeudi 24 septembre 2015
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Un camp de réfugiés à Bruxelles
Un camp de réfugiés à Bruxelles © Maxppp - patrick Lefèvre

L'hypothèse est de moins en moins taboue en Europe. Quatre ans après le début du conflit syrien, la situation s'enlise et les réfugiés affluent en masse en l'Europe.

 C'est l'Allemagne qui semble la plus décidée à faire bouger les lignes. Angela Merkel a créé la surprise ce mercredi 23 septembre. "Il faut parler avec Bachar Al Assad", a déclaré la chancelière allemande à l'issue du sommet de Bruxelles sur la crise migratoire. C'est la seule solution, selon elle, pour mettre fin à la guerre en Syrie et donc à l’afflux de migrants. Autour de la table, il y aurait aussi les alliés du régime, la Russie et l'Iran. Négocier, l'Autriche et l'Espagne sont également "pour".

D'autres gouvernements européens sont plus prudents, comme la France. La position française a toujours été d'éviter de négocier avec Bachar Al Assad. François Hollande l'a répété cette semaine. Il ne voit pas de transition possible en Syrie sans le départ de son dirigeant actuel. Mais le président français a aussi appelé à une nouvelle conférence de l'ONU sur la Syrie. Et puis il ne faut pas oublier que la France s'est dit favorable à des frappes aériennes en Syrie contre l'Etat islamique. Elle s'y était toujours résignée, jusqu'ici, par crainte de renforcer le régime d'Al Assad.

L'Europe va de toute façon devoir rapidement accorder ses violons sous la pression d'un acteur devenu incontournable dans le dossier syrien, la Russie

La Russie, principale alliée de Bachar Al Assad, est de plus en plus présente en Syrie. Elle a envoyé sur place des avions et de nouvelles armes. Vladimir Poutine a même l'intention de manœuvrer militairement en Méditerranée. De quoi inquiéter sérieusement les Européens. Sur le plan diplomatique, la Russie veut intégrer la Syrie dans une grande coalition internationale contre l’État islamique. Vladimir Poutine sera reçu par Barack Obama lundi. Si l'Union européenne ne veut pas être exclue du jeu elle doit donc rapidement parler d'une même voie.