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L"ubérisation de l'Europe" nécessite une réponse commune

Tous Européens du jeudi 28 janvier 2016

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Au troisième jour de mobilisation des chauffeurs de taxis qui ont rencontré le médiateur avant une réunion avec Manuel Valls ce jeudi soir à Matignon, Bruxelles a lancé une étude sur la situation dans tous les pays de l'Union, et réfléchit à des réponses européennes.

L"ubérisation de l'Europe" nécessite une réponse commune

D'Amsterdam à Budapest, de Londres à Madrid, partout les chauffeurs de taxis sont inquiets et expriment leur colère; ils ont même organisé plusieurs manifestations européennes l'an dernier à Bruxelles pour dénoncer une "concurrence déloyale" de ces véhicules de tourisme avec chauffeur, rapidement disponibles grâce à leur application smartphone, mais qui échappent à la législation sociale et fiscale. Ce qui a permis à la start-up califorienne Uber de connaître une croissance tellement spectaculaire en 5 ans qu'elle a pris de court tous les dirigeants et est aujourd'hui implantée dans une soixantaine de pays à travers le monde.

La Commission européenne et la Cour de justice de l'Union ont été saisies

La rapidité, le fait de profiter des vides juridiques et une politique systématiquement offensive, ont permis le succès d'Uber qui n'hésite pas à porter plainte contre les pays qui lui mettent les bâtons dans les roues: à Bruxelles contre la France, l'Allemagne et l'Espagne. Les autorités espagnoles ont quant à elles saisi la Cour de justice de Luxembourg pour savoir si Uber est une entreprise de transport ou un fournisseur de services numériques. Les chauffeurs de taxis ont eux aussi demandé la mise en place d'un cadre européen plus protecteur. La Commission est donc entrain d'étudier la situation dans les 28 pays, où les législations sont très différentes, ce qui pourrait aboutir à des propositions cette année.

Quel regard la Commission porte-t-elle sur la législation française?

Pour l'instant, elle refuse de se prononcer. Mais il est clair que la situation de quasi monopole des taxis parisiens, le prix exhorbitant des licences, sans parler de leur mode de cession souvent opaque va à l'encontre de la concurrence libre et non faussée défendue par les traités , d'autant plus que Bruxelles veut aujourd'hui offrir aux Européens un marché unique du numérique, pour exploiter pleinement les possibilités offertes par internet, donc éliminer les obstacles. Un sujet d'autant plus sensible qu'il touche aussi au droit du travail, à la fiscalité, au transport et à l'environnement. A Londres, malgré l'augmentation du nombre de voitures, la ville vient de renoncer à imposer des règles plus strictes à Uber mais réfkéchit à taxer les voitures par le biais du péage urbain.

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