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Tous Européens - Anja Vogel

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L'Europe appelle la Turquie à rester unie après les attentats de samedi

Par et le lundi 12 octobre 2015
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Manifestation contre Erdogan à Paris
Manifestation contre Erdogan à Paris © Maxppp - Maxppp

Après l'attentat en Turquie qui a fait 97 morts et près de 500 blessés à Ankara, la presse française pointe du doigt le président turc. Erdogan est accusé d'attiser les tensions avec les Kurdes, et d'établir une stratégie de la peur, à 3 semaines des législatives.

Alors que l'heure est au deuil en Turquie, le président Erdogan est accusé de mettre de l'huile sur le feu avec l'espoir d'attirer l'électorat nationaliste. Le 7 juin dernier son parti a perdu la majorité absolue à cause du bon score réalisé par le HDP,  le parti démocratique des peuples. Une majorité qu'il conservait depuis 13 ans et qui a réouvert le conflit avec la guérilla kurde du PKK, le parti des travailleurs du Kurdistan. Un processus de paix avait pourtant été entamé il y a 2 ans. Depuis, le pays est plongé dans une spirale de violences avec une emprise sur les libertés individuelles, la reprise de la guerre contre les rebelles kurdes, la stigmatisation de l'opposition et la persécution des médias. C'est d'ailleurs des syndicats et des ONG proches de la cause kurde qui sont été visées par les attentats. Erdogan est aussi critiqué pour ses prises de positions. Lors de son meeting à Strasbourg il y a une semaine, il avait galvanisé la diaspora turc contre le PKK, plutôt que contre Daesh.

La Turquie, un allié obligé de l'Europe, pour endiguer l'afflux de réfugiés syriens.

C'est un partenaire géostratégique difficile mais incontournable. Avec ses 75 millions d'habitants, c'est une puissance majeur dans la région. C'est depuis les côtes Turques qu'embarquent chaque jour des milliers de personnes direction la Grèce. La Turquie reste le passage obligé pour tous ceux qui veulent rejoindre l'Europe. Actuellement, elle accueillerait près de 2 millions de réfugiés sur son sol. C'est pourquoi elle doit être vue comme un partenaire dans cette crise.Tout d'abord pour gérer les réfugiés et notamment bloquer les passeurs, un business à 2 milliards d'euros. Mais également pour mener des opérations de patrouilles communes avec l'Agence européenne de surveillance, Frontex. L''Europe aimerait aussi que la Turquie accepte la mise en place de "hots spots", ces centres de tri, pour enregistrer les demandeurs d'asiles. Une idée rejetée par la Turquie qui fustige l'inaction européenne. Elle réclame de nouvelles aides financières et une zone de sécurité dans le nord, le long de la frontière syrienne.