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Avec la fermeture de la jungle de Calais, la Belgique redoute un afflux de migrants vers ses côtes

Dans la jungle de Calais, le moment du départ

Tous Européens du lundi 24 octobre 2016

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Le démantèlement de la "jungle" de Calais inquiète la Belgique. Elle ne veut pas de "camp de tentes" sur son territoire, son ministre de l'Intérieur, Jan Jambon, l'a rappelé il y a quelques jours. Il a renforcé le dispositif policier en place à la frontière française.

Avec la fermeture de la jungle de Calais, la Belgique redoute un afflux de migrants vers ses côtes

Les premiers cars de migrants ont quitté ce lundi 24 octobre 2016 la "Jungle" de Calais, le plus grand bidonville de France, des centres d'accueil disséminés dans tout l'hexagone. 6.000 à 8.000 personnes vivaient il y a quelques jours dans ces baraquements. Une partie d'entre elles pourrait choisir de rejoindre la Belgique, dont les côtes font face, elles aussi, à la Grande-Bretagne, but ultime de nombreux réfugiés. Les Belges ont donc décidé de renforcer à nouveau les contrôles aux frontières.

Les réfugiés n'ont pas attendu le démantèlement de la jungle pour quitter Calais pour la Belgique. Les autorités belges en ont stoppé près d'un millier depuis le mois d'août à la frontière française, sans compter les migrants interceptés dans les gares des grandes villes.

Le plan "Médusa"

Les autorité belges veulent éviter des regroupements à la Panne, une station balnéaire située à une soixantaine de km de Calais, ou près du port de Zeebruges, à peine deux fois plus loin. C'est le plan "Médusa 2", qui doit mobiliser 120 agents. Une opération mal accueillie par les fonctionnaires de police, sur la brèche depuis les attentats de Bruxelles du mois de mars. Ils menacent de se mettre en grève.

Durant deux mois, de fin février à fin avril, la Belgique a rétabli les contrôles systématiques à sa frontière, une entorse aux accords de Schengen. Depuis, elle procède à des contrôles ciblés, ce qui a notamment permis l'interpellation d'un certain nombre de passeurs.

On se souvient aussi de cet incident diplomatique, fin septembre. Des policiers français avaient surpris des collègues belges en train de déposer une douzaine de migrants en rase campagne près de Nieppe, dans le Nord, sans respecter les formalités administratives d'usage.

Relocalisation: la Belgique joue le jeu

La Belgique a accepté les accords de réinstallation et leurs quotas de répartition, mais, tout comme la France, elle intéresse peu les réfugiés concernés, plus attirés par la Grande-Bretagne, l'Allemagne ou la Suède. La Belgique va d'ailleurs devoir fermer des centres d'accueil, une trentaine, faute de candidats. Tout comme la France, elle bataille contre les passeurs, qui inventent sans cesse de nouveaux itinéraires. Dans le port de Zeebruges, en mai, quinze Érythréens ont été libérés d'un conteneur où ils étaient en train d'étouffer. Ils voulaient gagner l'Angleterre, le conteneur était en partance pour l'Italie...

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