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Tous Européens - Anja Vogel

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Norbert Hofer, vice-président et candidat du FPÖ
Norbert Hofer, vice-président et candidat du FPÖ © Maxppp - Maxppp

L'Autriche séduite par Norbert Hofer, l'extrême-droite version "patte de velours"

Diffusion du lundi 25 avril 2016 Durée : 2min

C'est une véritable gifle que viennent de subir les partis au pouvoir en Autriche, éliminés dès le premier tour de l'élection présidentielle. Avec 36% des voix, l'extrême-droite s'apprête à faire son grand retour: le FPÖ part clairement favori, y compris pour les prochaines législatives.

La presse autrichienne parle d'un tsunami d'extrême-droite, d'une déculottée pour les partis traditionnels sociaux-démocrates et conservateurs qui se partagent le pouvoir depuis 1945 et sont réunis depuis 8 ans dans une grande coalition "gauche-droite". Seuls les écologistes réussissent à se maintenir pour le second tour avec 20% des voix. Mais il est peu probable que leur candidat, un ancien professeur d'université de 72 ans, Alexander Van der Bellen, bénéficie de suffisamment de reports de voix pour rattraper le retard.

Le candidat d'extrême-droite, jeune et toujours avenant, a réussi à s'imposer surtout dans les campagnes

Dans 90% des communes, à l'exception notable de Vienne... A 45 ans, Norbert Hofer a toujours milité au FPÖ, parti de la liberté dont il a contribué à polir l'image sans rien céder sur le fond. Contrairement à feu Jörg Haider, il est un homme discret, longtemps resté dans l'ombre, ce qui lui a permis de se présenter comme neuf, honnête et compétent, malgré plus de 20 années de responsabilités politiques. Ingénieur aéronautique, partiellement handicapé après un accident de parapente, il est toujours souriant, courtois, à la présentation impeccable, mais n'a jamais caché ses penchants pangermanistes, sa fascination pour la grande Allemagne si chère à Hitler. Et avoue aimer se promener armé d'un pistolet.

Aujourd'hui il profite de la crise des migrants et la désaffection pour la classe politique

Comme tous ces partis populistes qui surfent sur la peur, liée en Autriche à une hausse du chômage et à l'arrivée de 90.000 réfugiés, 1% de la population, en roofrant comme seule solution la fermeture des frontières et un meilleur pouvoir d'achat pour les nationaux. Mais en bannissant les expressions xénophobes et antisémites. En luttant contre l'UE, sans la qualifier de "conglomérat de nègres" comme Andreas Mölzer, écarté depuis. Si le poste de président est essentiellement protocolaire, il ouvre la voie pour les législatives où le FPÖ pourrait à nouveau former une coalition avec les sociaux démocrates ou les conservateurs comme avec Wolfgang Schussel il y a 16 ans. L'UE avait alors adopté des sanctions contre l'Autriche; elle se garderait bien de la faire aujourd'hui.