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Pêcheurs européens : la Commission européenne assouplit ses règles

Par le mardi 13 octobre 2015
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Pêcheurs (illustration).
Pêcheurs (illustration). © Maxppp

Une bonne nouvelle pour les pêcheurs français: alors qu'ils ont beaucoup de mal à appliquer la nouvelle législation européenne sur le "zéro rejet" en mer, la Commission européenne vient de publier une nouvelle liste d'exemptions, qui assouplit provisoirement les règles.

La Commission européenne tend la main aux pêcheurs, en assouplissant les règles sur l'interdiction des rejets de pêche. Avant 2015, la pratique était très répandue chez les pêcheurs européens de jeter par dessus bord les poissons non commercialisables, car trop petits, abîmés, écrasés au fond des filets, ceux pêchés hors quotas et les espèces protégées. Ils représentaient jusqu'à un quart des prises, 8% actuellement, soit 7 millions de tonnes de poissons par an. Or une fois rejetés, ceux qui ont survécu meurent la plupart du temps. D'où la volonté d'interdire ce gaspillage qui contribue à l'extinction de certaines espèces.

Le problème étant que les pêcheurs ont beaucoup de mal à l'appliquer

Les pêcheurs doivent changer leur matériel, par exemple un maillage plus large, et ça complique leur façon de travailler: ils doivent trier et stocker à bord ces poissons, qui prennent de la place, puis les ramener au port, où ils sont en principe décomptés de leurs quotas. Se pose la question d'en faire de la nourriture pour les animaux, sans pour autant alimenter un nouveau commerce. Les Etats membres, France en tête avaient déjà repoussé l'interdiction totale jusqu'en 2019 et obtenu des dérogations. Bruxelles vient donc d'annoncer une nouvelle liste d'exemptions.

Un soulagement ponctuel pour les pêcheurs, pas pour les poissons

En fait, le zero rejet est actuellement en vigueur pour les poissons de surface: le thon, les sardines, les anchois, mais aussi le cabillaud et le saumon de la Baltique. Il doit être étendu au turbo, au merlan aux espèces qui se nourrissent en profondeur. Les espèces qui ont des grandes chances de survie vont désormais pouvoir être rejetées dans l'Atlantique où Bruxelles va aussi autoriser un petit pourcentage de rejets là où la sélectivité est difficile et les coûts importants. Or les pêcheurs demandent justement plus de flexibilité et l'adaptation aux spécificités régionales.