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Les Françaises font des bébés mais ne les allaitent pas

Par le mardi 29 mars 2016
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Les Françaises font des enfants mais ne les allaitent pas
Les Françaises font des enfants mais ne les allaitent pas © Maxppp - Maxppp

Ce 29 mars est la journée internationale de l'allaitement. Un domaine dans lequel la France fait figure de mauvais élève: alors qu'elle a le taux de natalité le plus élevé d'Europe avec l'Irlande, elle fait partie des pays où les femmes allaitent le moins.

Le constat peut sembler surprenant: les Françaises ont beau être championnes d'Europe de la fécondité, elles se classent en queue de peloton pour ce qui est de l'allaitement maternel: même si le pourcentage a plus que doublé depuis les années 70 pour atteindre 74%, la France reste l'un des pays où les taux d'allaitement à la naissance sont les plus bas, et aussi où les mères choisissent d'allaiter leur enfant le moins longtemps: moins d'un quart des nourrissons français sont encore allaités à l'âge de six mois, dont la moitié de façon exclusive, contre 33% aux Pays-Bas et 82% en Norvège.

Les préconisations sont pourtant d'allaiter jusqu'à 6 mois de manière exclusive

L'OMS comme le programme national nutrition santé, recommandent l’allaitement maternel uniquement jusqu’à 6 mois, au moins jusqu’à 4 mois pour un bénéfice santé. Ensuite en accompagnement d’une alimentation diversifiée si possible jusqu'à l'âge de 2 ans. Alors que la durée médiane d’allaitement exclusif n'est que de trois semaines et demie en France. Rassurez-vous, il y a pire que nous: le Royaume-Uni, l'Irlande et le Danemark ont les taux d'allaitement à douze mois les plus faibles du monde.

Comment expliquer cette réticence à poursuivre l'allaitement, malgré les bénéfices?

Les mauvaises langues diront que la politique familiale de soutien aux crèches a poussé les Françaises à faire des enfants mais aussi à reprendre vite le travail. Le féminisme est bien sûr passé par là. L'allaitement est un choix intime, lié à son histoire personnelle, à son corps. il peut être très mal vécu, douloureux, d'où le fait de mettre l'accent désormais sur une meilleure préparation et information en amont. Même si un enfant nourri au biberon se porte très bien, l'allaitement permet de lutter contre certaines maladies infantiles et cancers féminins, et donc aussi de faire des économies, souligne une récente enquête. En sachant que la culpabilisation et le prosélytisme sont contre-productifs, surtout lorsqu'ils sont à connotation religieuse ou socialement rétrograde.