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Tous Européens - Anja Vogel

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Les entreprises d'Europe du Nord bichonnent leurs seniors

Par et le mardi 29 septembre 2015
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Les employeurs français rechignent à embaucher des seniors
Les employeurs français rechignent à embaucher des seniors © Maxppp - James Hardy

Comment garder le moral au boulot, jusqu'à la retraite? C'est l'un des défis posés à notre Europe vieillissante.

 Les Pays-Bas ont visiblement trouvé la recette. 71% des salariés seniors hollandais se disent heureux au travail d'après le baromètre annuel Edenred-Ipsos, contre 39% seulement en France, où seule la moitié des salariés de plus de 55 ans sont encore motivés. Contre 67% pour la moyenne des 14 pays européens étudiés. Les seniors français reprochent à leur employeur un manque de perspective de carrière. Seuls 23% d'entre eux pensent avoir encore la possibilité d'évoluer au sein de l'entreprise ou à l'extérieur. Les seniors ne s'estiment pas assez informés sur les possibilités de formation et les évolutions de leur métier. Plus généralement, ils ne se sentent pas suffisamment respectés et considérés par leur hiérarchie.

En France les seniors souffrent toujours d'une mauvaise image. Les employeurs rechignent encore à les recruter. Résultat, le taux d'emploi des plus de 55 ans est en dessous de la moyenne européenne. A l'opposé, il y a les pays nordiques, eldorado des seniors. La Finlande, par exemple, a lancé dès la fin des années 90 un grand programme national pour les travailleurs âgés. Employeurs et syndicats se sont mis d'accord pour une formation permanente des plus de 55 ans et une amélioration de leurs conditions de travail. Le Danemark et la Suède proposent une fiscalité et des subventions  très incitatives.

Un bon exemple: le contrat de génération

Le contrat de génération a été mis en place en 2013. Les PME françaises ont reçu une aide financière en échange de l'embauche d'un jeune de moins de 26 ans et du maintien dans l'emploi d'un senior. L'objectif c'était 75 000 contrats en un an. Il n'y en a eu que 51 000 en deux ans et demi. L'aide de 4000 euros pour chaque binôme est jugée insuffisante par les patrons. L'obligation d'embaucher un jeune en CDI est aussi considérée comme un frein. De même le gouvernement a lancé l'année dernière un nouveau plan senior. Mais l'enveloppe n'est que de 150 millions d'euros. Réductions budgétaires obligent.