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Tous Européens - Anja Vogel

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Fin de l'ère Obama : Barack, l'ami des Européens ?

Par et le mardi 8 novembre 2016
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Après 8 ans de mandat, l'inventeur du "Yes we can" laisse un bilan mitigé : du point de vue de l'Europe, ce n'était finalement pas le meilleur des alliés.
Après 8 ans de mandat, l'inventeur du "Yes we can" laisse un bilan mitigé : du point de vue de l'Europe, ce n'était finalement pas le meilleur des alliés. © Maxppp -

Alors que ses huit années de mandat se terminent, quel bilan pour Barack Obama vis-à-vis de l'Union européenne ? Etait-ce le meilleur des alliés ? Malgré sa volonté de collaborer et ses interventions anti-Brexit, Obama misait sur d'autres continents en matière d'économie et de diplomatie.

Fin du suspense dans quelques heures : nous connaîtrons le nom du nouveau président des Etats-Unis dans la nuit du mardi 8 au mercredi 9 novembre. L'heureux élu ne prendra pas possession de la Maison-Blanche tout de suite. Barack Obama a jusqu'au 20 janvier 2017 pour déménager. Après 8 ans de mandat, l'inventeur du "Yes we can" laisse un bilan mitigé. En tout cas, du point de vue de l'Europe, ce n'était finalement pas le meilleur des alliés.

Certes, après l'ère Bush, l'avènement de Barack Obama avait tout pour plaire au vieux continent

Terminées les fautes de grammaires et les interventions militaires à tout-va, le premier président issu de la communauté afro-américaine s'installe à la Maison-Blanche, le symbole est fort, la rupture très nette. Conformément aux idées de son parti, Barack le démocrate pense que les Etats-Unis ne sont plus en mesure d'agir seuls, il faut tendre la main aux camarades européens. Et finalement, pour un chef d'Etat américain, c'est plus simple d'imprimer sa marque via les affaires étrangères qu'en politique intérieure. Après la réforme impopulaire du système de santé, l'Obamacare, il était plus judicieux de s'investir dans des projets portés à bout de bras par les Européens, notamment la COP21.

Barack Obama s'est également beaucoup exprimé sur le Brexit

Il n'a cessé de répéter que l'Union européenne serait plus forte "unie dans sa diversité", il pensait certainement au volet sécuritaire : ça faisait partie de ses promesses de campagne, Barack Obama n'est pas un va-t-en guerre, il s'est montré frileux sur la Lybie, la Syrie, le Mali... Sur le plan diplomatique, il a concentré ses efforts au Moyen-Orient avec l'accord sur le nucléaire iranien. Commercialement, l'Asie est devenue le partenaire prioritaire. Et puis, la confiance s’est un peu érodée entre les deux côtés de l’Atlantique. On en veut pour preuve l’affaire des écoutes révélées par Edouard Snowden, les désaccords autour du Tafta ou encore les amendes infligées par Bruxelles à Apple. Un constat s'impose : aux yeux d'Obama, l'Europe n'est pas le centre du monde.

Pourtant, les peuples européens ne semblent pas lui en tenir rigueur...

Envers et contre tout, Barack reste populaire : un président américain noir, décontracté mais qui arrive à imposer son autorité, c'est une savante équation qui nous fascine, nous, les Européens... Parce qu'elle peine à s'imposer sous nos latitudes. Obama, à la fois showman et sérieux, relativement jeune et sachant manier l'autodérision, ça en impose, mais ça conforte surtout un mythe très américain, à savoir qu'un homme du peuple peut accéder à la fonction suprême. Rappelons tout de même que ce fils d'économiste kényan a fréquenté les meilleures écoles, son parcours n'est pas vraiment celui d'un self-made-man, même si l'Europe se plaisait à le voir ainsi. In fine, Obama emporte avec lui une partie du rêve américain.