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Est-il moral de confisquer les biens des migrants?

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Tous Européens du mercredi 13 janvier 2016

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Peut-on confisquer leurs biens aux réfugiés? Le Danemark a décidé de le faire, malgré les critiques: Le projet de loi est désormais examiné au Parlement. Copenhague prolonge également ses contrôles aux frontières avec l'Allemagne et espère ainsi dissuader l'immigration.

Est-il moral de confisquer les biens des migrants?

La mesure rappelle les heures les plus sombres de l'histoire européenne: la spoliation des juifs par les nazis, le Washington Post a été l'un des premiers à faire le parallèle. Et même si le gouvernement de droite a désormais le soutien des sociaux-démocrates danois, la question continue d'être posée: est-il moral de confisquer leurs biens à des réfugiés, qui au terme d'un long périple pour fuir la guerre en Syrie ou en Irak, viennent demander notre protection?.

Officiellement c'est pour financer leur accueil, même si le texte a été édulcoré.

La loi qui, sauf coup de théâtre sera votée le 26 janvier, autorisera les policiers à fouiller les demandeurs d'asile et à confisquer certains biens et sommes d'argent, "pour couvrir leurs besoins en alimentation et en hébergement". Face aux critiques, le montant des liquidités et la nature des biens ont été revues. Au départ tout ce qui était au-delà de 400 euros devait être confisqué, désormais seront concernés les liquidités et objets d'une valeur de plus de 10.000 couronnes, 1340 euros. Les migrants pourront par ailleurs conserver les biens "de valeur affective particulière" comme les bijoux, médailles et portraits de famille".

Peu de personnes seront concernées; c'est surtout pour les dissuader de venir.

Même les défenseurs du texte reconnaissent que les saisies ne rempliront pas les caisses de l'Office danois des migrations. L'objectif est effectivement d'adresser un signal aux candidats à l'exil pour leur signifier qu'ils ne sont plus les bienvenus. Les contrôles à la frontière avec l'Allemagne sont également prolongés jusqu'en février. Le Danemark jusque là terre d'asile et d'accueil, a enregistré 21.000 dossiers de demandes d'asile en 2015 ce qui en fait le 5ème pays de l'Union derrière la Finlande, l'Autriche, l'Allemagne et la Suède. "Quand on prend leurs valeurs aux réfugiés, nous perdons les nôtres" s'indignent les opposants. La Commission attend que la loi soit adoptée avant de prendre position. Les Nations-Unies craignent qu'elle n'alimente la peur et la xénophobie. 

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