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OGM: non à une législation à la carte

Par le mercredi 14 octobre 2015
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L'actualité européenne.
L'actualité européenne.

Les Européens et leurs dirigeants sont majoritairement opposés aux OGMs. Pas tous. Une nouvelle législation leur permet d'interdire ou non la culture, aujourd'hui Bruxelles souhaite faire de même pour l'alimentation. Mais les eurodéputés font barrage.

Parce que les 28 n'arrivent pas à se mettre d'accord sur les OGMs, Bruxelles propose un système à la carte, complexe, qui ne satisfait personne, même s'il donne plus de liberté aux pays. Prenons la législation qui vient d'entrer en vigueur, elle concerne la culture d'OGM. Les Etats avaient jusqu'à début octobre pour demander l'interdiction sur tout ou partie de leur territoire. Dix-neuf l'ont fait, dont bien sûr la France. Cette demande est maintenant transmise aux industriels qui ont un mois pour réagir, éventuellement opposer un veto. Si c'est le cas, les pays gardent la possibilité d'exiger l'interdiction, en invoquant des motifs sérieux, comme l'environnement: sur la justification les règles sont moins contraignantes.

Le même système est proposé aujourd'hui pour autoriser les OGM dans l'alimentation

Le Parlement européen est contre. Il demande à la Commission de prendre ses responsabilités, d'autant plus que c'est elle qui délivre les autorisations. Car des OGM nous en avons: une sorte, le MON 810, cultivée depuis 17 ans, principalement en Espagne, est en attente de renouvellement. Mais 58 OGM sont déjà autorisés à l'importation pour la nourriture humaine et animale, et 58 autres attendent le feu vert, après évaluation scientifique des risques. Or on apprend aujourd'hui dans le Monde que 6 variétés autorisés comportent des modifications génétiques qui n'ont pas été soumises à l'évaluation.

D'où la demande des députés européens de remettre tout le système à plat

De revoir sérieusement la procédure d'autorisation et de tenir compte de l'opinion publique et des Etats dont les deux tiers sont opposés aux OGM: les écologistes parlent d'un bricolage ingérable et craignent les incertitudes juridiques. La droite dénonce un système qui va à l'encontre du principe de libre-circulation, C'est une renationalisation, un retour en arrière, peut-être précisément parce que l'Europe est déjà allée trop loin sur cette question.