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Tous Européens - Anja Vogel

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Et si le Brexit rapprochait les 27 autres états de l'Union européenne?

Par le mercredi 18 janvier 2017
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Avec le Brexit, les embauches se réduisent à la City de Londres
Avec le Brexit, les embauches se réduisent à la City de Londres © Maxppp - Daniel Kalker

La Première ministre britannique, Theresa May, veut une rupture claire et nette avec l'Union européenne, elle l'a redit ce mardi dans un discours très attendu, à Londres. Mais le divorce s'annonce très compliqué, il faut détricoter 43 ans de vie commune.

La Première ministre britannique, Theresa May, a précisé sa stratégie pour sortir son pays de l'Union européenne ce mardi dans un discours à Londres. Ses partenaires européens se félicitent de connaître enfin plus précisément sa position, mais les observateurs restent très sceptiques: le divorce s'annonce très compliqué, il faut revenir sur 43 ans de cohabitation.

En attendant, Theresa May présente cette rupture comme une avancée: la Grande-Bretagne va se dégager de la PAC, la politique agricole commune, elle va se libérer des contraintes règlementaires de l'UE et elle pourra gérer toute seule ses flux migratoires.

Un tableau qui plaît aux eurosceptiques mais qui fait très peur aux milieux d'affaires. A la City de Londres, les offres d'emploi se réduisent et la banque HSBC envisage de relocaliser rapidement un millier de postes en France, elle vient de l'annoncer.

Theresa May veut fermer les frontières

Les 800.000 Polonais installés au Royaume-Uni sont très inquiets. Le Brexit va mettre fin à la libre circulation des travailleurs, ce qui risque de réduire le flot des jeunes Français tentés par une carrière outre-Manche. A la City, plus d'un employé sur 10 vient d'un autre pays de l'UE. Trois millions de citoyens européens vivent en Grande-Bretagne. A l'inverse, plus d'un million de Britanniques se sont installés loin de leur île, ils vont devoir changer de statut, en fonction des accords que Londres signera avec leur pays d'accueil.

Pour garder les entreprises étrangères, une fiscalité "light"

La Grande-Bretagne pourrait diminuer encore son droit social et ses taxes pour attirer les entreprises étrangères. Pas sûr que les sociétés britanniques s'en contentent, car la première dame veut aussi revoir tous les accords commerciaux. Son opposition parle d'un projet "bas de gamme". Le Parlement britannique aimerait bien donner son avis: de nombreux textes européens ont été incorporés au droit du Royaume-Uni.

Les grandes capitales, elles, sont dans l'expectative. Elles attendent le début de la procédure de divorce, en mars. Pour le moment, elles refusent la formule "à la carte" que leur partenaire aimerait négocier et se serrent les coudes. François Hollande rencontrera d'ailleurs Angela Merkel très bientôt. Au final, le départ de la Grande-Bretagne pourrait bien fluidifier les relations au sein des 27 pays restants.