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Après une semaine de blocage, un accord a été trouvé ce mercredi 30 août : Lactalis, taxé de plus mauvais payeur par les éleveurs français, s'engage à relever ses prix de 5 euros par mois.
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Accord entre Lactalis et les producteurs laitiers : vers la fin d'une crise vraiment ?

Tous Européens du mercredi 31 août 2016

Par et

Après une semaine de blocage, un accord a été trouvé : Lactalis relèvera ses prix de 5 euros par mois auprès des éleveurs français. Les 1.000 litres passeront de 280 euros en août à 300 euros en décembre. Malgré le soulagement, la crise laitière européenne et mondiale ne semble pourtant pas réglée.

Accord entre Lactalis et les producteurs laitiers : vers la fin d'une crise vraiment ?

A première vue, cet accord est une victoire, en tout cas, c'est ce qu'affirme le seul syndicat signataire, la FNSEA, Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles. Voilà son argument : si les négociations n'avaient rien donné, les autres industriels auraient suivi le mauvais exemple de Lactalis et acheté le lait français à vil prix. Pour d'autres, Confédération Paysanne et Coordination Rurale en tête, cette bonne nouvelle, c'est l'arbre qui cache la forêt. Le vrai enjeu des semaines à venir, ça va être la mise en place des indemnisations des éleveurs européens par Bruxelles.

La Commission européenne a promis des compensations pour inciter à moins produire.

Le but de la manoeuvre, c'est de remettre en ordre un marché déréglé. Avec la suppression des quotas en mars 2015, les éleveurs européens ont produit à tout-va. Ils se sont finalement retrouvés avec des millions de litres de lait invendus sur les bras, à cause de l'embargo russe et de la baisse des importations chinoises. Pour assécher les stocks, la Commission décide en juillet dernier de débloquer 500 millions d'euros : en France, elle délivrera 140 euros par tonne de lait non produite. L'Etat français mettra lui aussi la main au portefeuille, et complétera avec 100 euros par tonne non produit.

Le problème, c'est qu'il ne faut pas non plus que la production laitière française baisse trop.

La filière représente 6.000 emplois, et 46 fromages bénéficiant d'une appellation d’origine contrôlée. La France est certes le deuxième pays producteur derrière l'Allemagne, mais elle n'est pas en surproduction contrairement aux Pays-Bas ou à cette même Allemagne. Son lait est d'excellente qualité, mais à cause de la main d'oeuvre et des normes, il coûte plus cher. Selon la FNPL, Fédération nationale des producteurs de lait, valoriser les labels français et autre circuit court n'est pas suffisant pour écouler les 25 milliards de lait annuels. Pour les foyers à revenus modestes, la concurrence européenne aura toujours le dernier mot.

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