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François Hollande, chef de guerre antiterroriste pour les Européens

François Hollande et Angela Merkel après les attentats à Paris

Tous Européens du vendredi 2 décembre 2016

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Nos voisins européens n'ont pas été surpris par l'annonce de François Hollande de ne pas se représenter. Ils soulignent néanmoins le caractère inédit de ce renoncement au pouvoir, et garderont du président français l'image d'un chef d'Etat "normal" certes, mais qui a su faire face au terrorisme.

François Hollande, chef de guerre antiterroriste pour les Européens

S'il fallait retenir une image du quinquennat européen de François Hollande, ce serait celle où il réconforte la chancelière allemande sur le perron de l'Elysée, Angela Merkel dont la tête est presque lovée dans son cou: c'était après les attentats de janvier 2015; tous les dirigeants avaient fait le déplacement à Paris. Et le président français prenait la tête du combat contre le terrorisme, avec le soutien unanime de ses partenaires. Enterrant momentanément les désaccords sur la discipline budgétaire, la dette grecque et la crise des migrants.

François Hollande s'est d'ailleurs imposé sur la scène internationale comme un véritable chef de guerre

L'opération Serval au Mali c'était en janvier 2013, deux ans avant les attentats contre Charlie Hebdo et l'hypercacher, la France était seule, les autres finalement reconnaissants, il y a eu Sangaris en Centrafrique, puis l'Irak et la Syrie. Un engagement diplomatique et militaire inattendu de la part d'un président dont la première décision en arrivant à l'Elysée avait été de retirer les forces françaises d'Afghanistan. Mais, en France en tout cas, la popularité et les élections présidentielles ne se gagnent pas sur l'international.

L'autre image que l'on gardera de François Hollande est celle de son renoncement

Inédit, historique, le retrait plutôt que la défaite, un geste politique fort, lucide et humble de la part d'un chef d'Etat trop normal pour être populaire, souligne la presse européenne: c'est rare qu'un dirigeant décide de renoncer au pouvoir avant même d'avoir perdu une élection, un vote de confiance ou un référendum. David Cameron a démissionné après le Brexi ; Mattéo Renzi a annoncé qu'il le ferait en cas de non à sa réforme constitutionnelle. François Hollande ne démissionne pas, il terminera son mandat, participera à ses derniers Conseils européens où il a l'image d'un homme courtois, sympathique, qui préfère négocier en petit comité, avec le Royaume uni sur les migrants mineurs, avec l'Allemagne sur Poutine ou Trump. Dans sa déclaration il nous a mis en garde contre le protectionnisme, le repli sur soi et contre "l'extrême-droite qui nous appelle à la sortie de l'Europe et du monde en prenant comme référence ce qui vient de se produire aux Etats-Unis".

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